SPORTSemaine du 26/04/2010 - Sport
L'Aviron Bayonnais échappe au scénario en 2DLe sport a dicté sa loi. L’Aviron Bayonnais version 2009-2010 n’a pas le niveau pour jouer avec les meilleurs. C’est en tout cas ce qu'indique le classement au terme des 26 journées du championnat puisque les Bayonnais, après la défaite essuyée à Sapiac, terminent à l’avant dernière place du peloton, synonyme de Pro D2, mettant un terme à l’aventure des ciels et blancs en Top 14. Sauf que les basques sont repêchés dans les coulisses. L’Aviron a perdu sa place sur le pré, mais elle doit la récupérer sur un tapis vert au détriment des Montalbanais.
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Le club de Montauban est théoriquement relégué par la DNACG (Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion) en raison d’une trésorerie improbable. Après avoir fait appel de cette décision, en tentant un nouveau montage financier, le Conseil d'administration du club de Montauban a choisi de jeter l'éponge ce mardi et de déposer le bilan, synonyme de rélégation au bénéfice de Bayonne. Pour Montauban, il s'agit désormais de viser le redressement judiciaire plutôt que la liquidation judiciaire, ce qui permettrait au club de se maintenir dans un circuit professionnel (Pro D2) plutôt qu'en fédérale, avec un trou dans son budget évalué à 3 Millions d'euros, soit près du double que la somme précédemment communiquée par le club. Dans les deux cas, Bayonne se maintient dans le Top 14, dans l'appel d'air de cette chute financière et administrative.
Pourtant, l’Aviron Bayonnais a perdu le match de la peur. Dos au mur, l’équipe n’a pas su gérer la pression d’une rencontre couperet et en face, au contraire, comme si la lettre de Monsieur Grenet avait remotivé les troupes, les joueurs Montalbanais ont fait honneur à leurs statuts de joueurs professionnels. Ils ont fait le boulot, laissant entre les mains des dirigeants et des commanditaires l’avenir du club. Lesquels n'ont pas réussi ce match qui consistait à trouver les fonds nécessaires pour convaincre la DNACG. Club, ville, Conseil Régional, Conseil Général, et partenaires privés, tout le monde était sollicité pour sauver les finances et la tête du club de Montauban, le MTG XV. A l'exception de la ville de Bayonne, pas très sportive sur ce coup là. En effet, le premier magistrat bayonnais a de nouveau fait des siennes dans une ultime tentative pour sauver « son » club. Monsieur Grenet a tenté de sauver dans les bureaux ce que le club n’a pas réussi sur la pelouse. La lettre adressée à son homologue Montalbanaise indique que le maire de Bayonne est prêt à tout pour défendre, si on peut le définir de la sorte, le Rugby professionnel sur les bords de la Nive. Avec en prime, un petit côté moraliste et un ton résolument menaçant qui constituent un plaquage haut.
Ainsi, Jean Grenet démontait les projet de renflouement du club en expliquant dans son courrier que "faire racheter la tribune pour 1,7 million d'euros par la municipalité montalbanaise aux seules fins de renflouer une société privée, fut-elle sportive, ne saurait nous laisser sans réaction. Je ne doute pas que la Chambre régionale des comptes, le contrôle de légalité de l'État, voire, s'il le fallait, le tribunal administratif, avaliseraient ce détournement de fonds publics au profit d'intérêts privés», ajoutait-il. En omettant de préciser la propre expérience de l'Aviron Bayonnais au registre de la Chambre des comptes, comme le rappelait, il y a peu, PBI.
Reste que si l'Aviron Bayonnais sauve sa tête, le club n'en doit pas moins arborer profil bas. Après une belle saison l’an passé, l’Aviron avait opté cette année pour garder la même ossature et pour se renforcer avec des éléments charnières à des postes clés. Une formule censée permettre de décrocher une place européenne cette saison. Mais la machine n’a pas tourné. Les nouveaux n’ont pas été à la hauteur, les résultats non plus et l’ambiance s’est dégradée : joueurs mécontents, manageur remercié, entraîneurs limogés, l’Aviron avait déjà pris l’eau à la mi-saison. Façon iceberg, plus profondément qu’il n’y paraissait. Tant et si bien que l’équipe a fini par couler. Photo Manex Barace |
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