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SPORT

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Semaine du 14/12/2009  - Sport

Sébastien Gonzalez dans l'Histoire

Écrit par Rédaction
L’exploit est là. Sébastien Gonzalez a inscrit un nouveau record dans l’Histoire de la pelote à main nue. Depuis mardi dernier il est devenu le premier pilotari issu du trinquet à avoir coiffé une Txapela individuelle de première série chez les professionnels du mur à gauche.

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A l’époque, Panpi Laduche fut lui aussi une référence en la matière. Premier champion Lapurtar à remporter un titre par équipes, il doubla la mise, aux côtés de Tolosa en 1987 et 1989. Il échoua en finale avec Martinikorena en 1988. Arriva ensuite Xala, 15 ans plus tard, parfaitement guidé par son mentor, Laduche lui même. Et il fit aussi bien. Le Lekuindar ramena deux Txapela, toujours par équipes, une avec Lasa en 2002 et une autre à l’aide de Martinez de Eulate en 2007.

Xala a même fait mieux : une finale individuelle en 2004 et une finale du quatre et demi en 2005. Mais il y en a d’autres qui, sans titres, ont également tenté la difficile expérience du mur à gauche. On se souvient d’Armand Jaunarena (encore un gaucher), de Philippe Hirigoyen, et de la pige de Jean Claude Biscouby alors qu’il avait tout gagné en trinquet. Chacun son histoire. Celle de Sébastien Gonzalez vit aujourd’hui les meilleurs moments. Car le passage du trinquet au mur à gauche ne s'est pas fait du jour au lendemain pour l’Azkaindar. Beaucoup de pilotazale le voient encore sur le fronton de Baigorri aux côtés de Marc Berasategui, le bras dans le plâtre face à la paire Alfaro-Paraxu. Sébastien Gonzalez brillait déjà grâce à sa puissance inouïe.

En jeunes, avec Marco Berasategui, Il a largement dominé les compétitions que ce soit en trinquet en fronton ou en mur à gauche. Retenu en sélection pour les championnats du monde de trinquet moins de 22 ans. Il fut sacré champion du monde en 1997. Mais le véritable premier contact avec le monde de la pelote mur à gauche telle qu’on la connaît aujourd’hui arriva un peu plus tard. Le championnat du monde toutes discipline confondues se présenta à grand pas l’année suivante en 1998. Gabi Urrutia alors séleectionneur de l’équipe de France vit en ce jeune des qualitès intrinsèques pour le jeu du mur à gauche. Et comme les bons joueurs capables de jouer en mur à gauche ne courraient pas les rues, le dirigeant de Biarriztarrak le pré-sélectionna puis le sélectionna dans le groupe de mur à gauche.

Puissant, gaucher (le handicap des pilotari issu du trinquet), Gonzalez avait encore beaucoup à apprendre, certes, mais il pouvait faire l’affaire pour Mexico. Contrairement à Oçafrain en trinquet, il ne remporta pas l’or mais l’Argent après avoir été battu par Apezetxea en finale. Cela dit, le déclic avait eu lieu. Piqué par le jeu du mur à gauche, l’Azkaindar ne mit pas longtemps à vouloir tenter une expérience chez les professionnels puisqu’au retour de Mexico, en décembre 1998, il signait son premier contrat pro chez Aspe à ses 21 ans. Pas si évident à l’époque, seul l’Hendayais Hirigoyen y évoluait, en deuxième série.

Les débuts furent d’ailleurs des plus délicats pour le gaucher d’Ascain. Les pelotes, l’ambiance, la concurrence... le monde professionnel est implacable pour les nouveaux arrivés et beaucoup plus cruel si le joueur en question n’a jamais vécu dans un tel entourage. Le Gipuzkoar Tranche fut le premier entraîneur de Gonzalez. Celui qui le guida dans ses premiers pas. Mais son poulain ne perçait pas. Bien installé en deuxième série, Sébastien Gonzalez était un pilotari parmi tant d’autres à une époque où Aspe comptait sur un groupe beaucoup plus fourni que maintenant. Une bonne volée de la gauche mais pas de gancho, puissant mais pas déstabilisateur, une droite très perfectible... en résumé Gonzalez “ramait”.

D’autant plus difficile que pas très loin de chez lui, à Bonloc, un autre pilotari osait croiser la Bidasoa avec comme entraîneur un certain...  Panpi Laduche, Azkaindar. Xala signa son contrat un mois après le premier titre de Gonzalez en deuxième série, celui de champion tête à tête, c’était en juin 2000. Or la rapide progression du Lekuindar (finaliste de deuxième série en 2001 puis champion première série en 2002) envoya Gonzalez aux oubliettes. Xala faisait la Une, Gonzalez pas. Et c’est précisément à ces moments là que l’on reconnaît la capacité de travail et d’abnégation d’un sportif de haut niveau. Loin de baisser les bras, Gonzalez s’accrocha.

Il se rapprocha aussi de Laduche pour tenter de boire sa science de la pelote mais également pour avoir à ses côtés, en plus d’un bon entraîneur, un personnage qui connaît parfaitement les secrets et dangers du monde professionnel. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Pas de titres, c’est vrai, mais rapidement le gaucher d’Ascain grimpe au classement d’Aspe. Il a travaillé et travaillé. Travaillé son gancho, sa droite, son but, sa souplesse, sa condition physique et son mental également.

Car si le Lapurtar joue depuis longtemps les premiers rôles dans l’empresa, on n’arrêtait pas d’y mettre des bémols quant à sa fragilité mentale. Non sans raison car Gonzalez a souvent échoué au stade des demi finales avec des prestations médiocres mais il lui fallait un titre comme celui-ci pour gravir un échelon supplémentaire. Avec ce titre Gonzalez a prouvé beaucoup de choses. Qu’il était capable de remporter une txapela d’abord, mais aussi qu’il pouvait s’inscrire dans la durée, aligner les belles prestations et ce qui est le plus important certainement qu’il savait retourner une situation défavorable même dans une finale avec tout ce que cela engendre. Car remonter un 10-2 contre un Irujo lors d’une finale de championnat... c’était inimaginable il n’y a pas si longtemps.

Lui même a répété à plusieurs occasion que cette année pouvait être la sienne. Ce sont les prochaines qui pourraient être les siennes. Gonzalez semble avoir atteint un degré de maturité très intéressant pour le jeu de la pelote. Après 11 ans de professionnalisme, plus rien ne doit le surprendre et sur le plan physique il n’a jamais été aussi prêt. A partir de là les questions se posent. Quel avenir pour Sébastien Gonzalez? Certains, dont Panpi Laduche, le voient avec une xapela de tête à tête dans toutes la cancha. Le grand Julian Retegi aussi croient que les prochaines années de l’Azkaindar peuvent s’avérer fructueuses. L’enpresa lui fait confiance. Cerise sur le gâteau, Gonzalez tient aujourd’hui une xapela. Selon les anciens champions, une xapela est une bouffée de confiance pour le reste de ta carrière. Précisément ce qu’il fallait à Gonzalez.

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