SPORTSemaine du 25/01/2010 - Sport
AB-BO, le derby de la peurEn rugby, les Bayonne-Biarritz soulèvent toujours des passions, même s'ils se jouent sur semaine comme ce sera le cas jeudi soir. Les dirigeants basques ont été cette fois-ci un peu plus timides que lors des précédentes éditions, à croire qu'ils ont eu d'autres chats à fouetter dernièrement, les supporteurs, eux, ne connaissent pas de trêve. Mais la tension est d'autant plus palpable que le classement des deux équipes ne permet pas de faux pas. Ni à l'un ni à l'autre d'ailleurs.
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Le match nul ne convient à personne évidemment, et la défaite représenterait un sacré coup dur derrière la tête. Résultat des courses, seule la victoire compte, et bonifiée si possible. Cela dit, au jeu du faux pas interdit la palme revient quand même aux hommes de Francis Salagoïty. L'Aviron Bayonnais a toutes les raisons du monde pour ne pas rater ce rendez-vous. Parce que c'est un derby d'abord, qui plus est joué à domicile devant des milliers de Bayonnais qui vont remplir les travées de Jean Dauger et, franchement, ils n'ont pas été forcément gâtés cette saison.
Puis il y a l'aspect comptable, sans aucun doute le plus important. Bayonne est dans une position plus qu'inconfortable : avant dernier du classement à 6 points du premier non reléguable Berjallien, il y a urgence. La saison pourra peut-être se jouer à l'extérieur, à Montpellier et à Montauban, mais il faut d'abord bien faire les devoirs à domicile et ça commence par une victoire sur les Biarrots, sans quoi les espoirs de maintien s'envoleront.
A Biarritz, le constat est quelque peu similaire mais avec d'autres paramètres et un enjeu d'un autre ordre. En effet, s'il serait détestable de ne pas se qualifier parmi les six premiers du Top 14, de stopper l'aventure au niveau de la phase de qualification, Biarritz continuera néanmoins à disputer le championnat parmi les meilleurs. Certes, nous sommes loin de l'époque où les rouge-et-blanc dominaient le Top 14 et jouaient les premiers rôles en Europe, mais Biarritz a beaucoup appris ces deux dernières saisons. Il a notamment appris que le plus dur est de rester en haut de l'affiche et que pour cela le travail acharné est de rigueur.
Aujourd'hui, alors que la tête du championnat se resserre à vitesse grand V, les Biarrots ont retrouvé une certaine fierté. Certes, la qualification n'est pas encore acquise, mais un groupe est en train de naître et la Coupe d'Europe est pour l'instant source de satisfaction. Autant d'éléments qui positionnent les hommes de Gonzalez dans une situation beaucoup plus confortable que leurs voisins bayonnais. Le BO aura d'ailleurs des contraintes supplémentaires à Bayonne. Il vient de se qualifier pour un quart de finale européen à Anoeta, la pression risque de redescendre (même si les premières secondes de Jean Dauger mettront tout le monde dans le bain assez rapidement), les jours de récupération seront au nombre de trois contre un de plus pour les Bayonnais, mais le plus difficile sera d'évoluer une nouvelle fois sans Yachvili, Traille, Barcella et Peyrelongue. L'absence des cadres du BO va certainement peser lourd dans un derby.
Le ciel-et-blanc, eux, après la traversée du désert avec une seule victoire en 10 matches, le remerciement de leur manageur Dourthe, ainsi que les duos d'entraîneurs Mentières-Coyola et l'arrivée de Christian Gajan, commencent à voir des signes d'espoir. Dans la difficulté, on s'accroche à la moindre lueur, Bayonne s'agrippe aux deux victoires consécutives en Challenge sous les ordres du nouvel entraîneur. Victoire face au Racing à Jean Dauger avant d'étriller Rome en Italie. Deux succès encourageants qui ne doivent cependant pas permettre de se prolonger trop loin. Il s'agissait en effet de deux rencontres sans enjeu, le vrai test aura lieu jeudi soir. Et si, comme tout le monde le dit, les derbys se gagnent à l'envie au besoin, les Bayonnais ne devraient pas se défiler.
Photos Manex Barace |
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