SPORTSemaine du 28/12/2009 - SportKirolaherria : quel sport pour le Pays Basque ?Ils étaient des centaines et des centaines dimanche dernier au Vélodrome d’Anoeta pour réclamer le droit de disputer des compétitions officielles sous la bannière d’Euskal Herria. Le collectif « Euskal Herriko Kirolariak » (ndrl : les sportifs du Pays Basque) a réuni toutes ses forces vives dans la capitale donostiar afin de réclamer haut et fort la création des fédérations d’Euskal Herria, des entités qui regrouperaient la totalité du territoire basque, seul moyen selon ce collectif pour que les sélections basques soient reconnues en tant que telles.
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Si ce collectif compte aujourd’hui plus de 2000 adhérents tous sports confondus (2139 signatures), son origine est quand même à mettre sur le compte des footballeurs professionnels. En effet, Euskal Herriko Kirolariak est issu du conflit qui resurgit régulièrement à cette période entre footballeurs basques et la Fédération d’Euskadi, organisatrice du match de Noël. L’an passé déjà les footballeurs refusèrent de disputer cette rencontre amicale pour protester contre le manque d’implication de la Fédération d’Euskadi dans la course à l’officialisation.
A plusieurs reprises, les joueurs de football ont insisté sur leur refus de se contenter d’un match amical pendant la trêve de Noël. Sur le besoin de s’organiser tout au long de l’année pour que la sélection d’Euskal Herria (qui regrouperait l’ensemble du territoire basque) et non d’Euskadi (qui représenterait uniquement les trois provinces de la Communauté Autonome Basque, Gipuzkoa, Bizkaia et Araba) puisse bénéficier d’une reconnaissance institutionnelle. Sans accord, le match de l’an dernier face à l’Iran fut tout simplement annulé alors que des engagements furent pris, et la sanction est de nouveau tombée cette année lorsque les joueurs ont annoncé leur refus de disputer cette rencontre pour la deuxième année consécutive.
Une décision d’autant plus délicate à prendre que ce rendez-vous se pérennise depuis de longues années déjà, mais les footballeurs ont quand même affiché leurs ambitions. Certes, ils ne disputeront pas ce match amical tant attendu par tous les supporteurs, mais ils ont cependant travaillé dans l’ombre afin de faire avancer cette situation de blocage. Ils ont élargi leur mouvement au reste des disciplines sportives. Et leur message est clair. Si le football se trouve aujourd’hui dans cette impasse, le reste ne pourra pas s’en sortir sans un engagement global.
L’union fait la force. D’où le collectif Euskal Herriko Kirolariak, présent à Donostia dimanche dernier avec une palette extra large de sportifs, supporteurs, amateurs, professionnels, dirigeants… issus des toutes les disciplines et des 7 provinces. On a cependant retenu une conception générale assez précise concernant les objectifs de ce collectif. Bien sûr, l’officialisation des sélections basques, la création des fédérations basques… des revendication qu’ESAIT (Euskal Selekzioaren Aldeko Iritzi Taldea) porte à bout de bras depuis des années, mais la réflexion est cette fois-ci plus affinée.
Chacun dans son village, dans son club, dans sa province semble avoir pris un peu de hauteur pour essayer de trouver des solutions à long terme. Aujourd’hui, Euskal Herriko Kirolariak s’est précisément construit en collectif pour que tout le monde y aille de son observation personnelle. Et qu’entre tous, chacun puisse répondre à la grande question du moment : Quel sport veut-on pour le Pays Basque ? Euskal Herriko Kirolariak s’engage donc à mettre la première pierre à un édifice qui ne demande qu’à gagner en hauteur. Il s’agit donc de créer. De palier des manques. Et le premier pas serait de mettre en place une organisation qui puisse fédérer et gérer les sports du Pays Basque. Dans les sept provinces.
Un genre de Fédération des fédérations. Mais attention, avec un cahier des charges bien défini. Ce sera d’ailleurs le grand chantier de ce collectif à partir du 1er janvier 2010. Le plus facile est fait : rassembler les forces vives. Reste désormais à les faire avancer… dans la même direction. |
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