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CULTURE

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Semaine du 21/02/2011  - Culture

La parole réconciliante de Marie Darrieussecq

Par Mona Ventura

« Famille et Pays : quelques questions essentielles dans la littérature de Marie Darrrieussecq ».
Sur ce thème, l’écrivaine était invitée par l’institut français de Bilbao et la médiathèque de Bayonne à rencontrer les lecteurs.
Le débat était animé par Luiza Etxenike, journaliste, écrivaine et présidente de l’association des écrivains d’Euskadi.

Ils soutiennent PBI

Chroniques

  1. Les syndicats enseignants jettent le bébé avec l'eau du bain

    Pas vu, pas pris

    Le Conseil Départemental de l'Education Nationale (CDEN) s'est penché le 25 janvier dernier sur les subventions du Conseil général aux collèges de l'enseignement privé. Les syndicats enseignants ont vivement critiqué cette manne publique pour le privé. C'est une tradition.

  2. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  3. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  4. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  5. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  6. Les Béarnais moyennement plus riches que les Basques

    Insolite

  7. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.

 

Le Pays, la famille. Le pays, elle rêvait de le quitter. Elle rêvait aussi d’écrire et surtout de ne pas travailler. La famille : « j’ai l’impression qu’elle sert à préserver des secrets ; légers pour certains, lourds pour d’autres, mortels pour quelques-uns ». D’emblée se jouant des idées reçues, Marie Darrieussecq est venue dire son expérience, d’écrivain certes, mais aussi de psychanalyste. Sans affectation aucune, mais avec assurance et fermeté, elle a déployé une heure durant une parole d’accueil, de rencontre.

 

Ferme pour dire la difficulté de parler du pays, de la famille, de la « nation », tant les idéologies de la droite extrême, le passé colonial et le pétainisme ont dévoyé ces mots. Assurée dans son goût de la complexité qui balaie les lieux communs réducteurs.

 

Quelques mots en Basque « mais je ne vais pas faire semblant de le parler » ; pour sa mère être basque allait de soi, mais son père, esprit scientifique se défiait de l’archaïsme de sa culture et s’en émancipa. L’enfant parla donc le basque, l’oublia longtemps puis, c’est au contact du jacobinisme de ses amis intellectuels parisiens que reparut le fantôme du Pays. « Mais…Moi … Je n’étais pas un particularisme régional !.. ». Car eux, si prompts à s’engager pour l’autonomie du Chiapas, recevaient comme une bombe cette l’innocente question : « et le pays basque ? ».

 

Elle précise qu’elle est écrivain, mais que ce soir - nuance -  « nous  sommes dans l’oralité ». Elle ne jouera pas à parler comme un livre mais précisera la fonction de l’écrit par rapport l’oral.

 

L’écriture : elle advient dans un état de vacuité, une sorte d’absence à soi. « …alors…ça s’écrit… » dit, en traduisant ce flux par de lents et vastes gestes des deux bras qui balaient l’espace autour d’elle. Elle ne fait guère de différence entre littérature et poésie, mais reste attachée au fil du récit dans lequel l’invention du langage doit trouver sa place…Pas si simple. Car c’est la fonction de la littérature de défaire les lieux communs, les truismes, et de les remplacer par des mots qui en approfondissent le sens. Elle prendra l’exemple de la maternité, opposant la banalité conventionnelle des propos qui s’échangent autour des berceaux à la réalité inouïe et ineffable de toute naissance.

 

Que pense t-elle de la féminité dans l’écriture ? …La littérature n’a pas de sexe, il n’existe pas d’écriture féminine : d’ailleurs…« on ne parle pas de littérature masculine ! »

 

A propos du plagiat, qui fait l’actualité et qui la concerna directement à propos de  son livre « Tom est mort », elle répondit  par un mot de compassion pour la souffrance de son accusatrice mais ne fit pas de mystère quant à sa difficulté à  vivre de telles accusations : un livre, travail de deux années d’enquête sur ce sujet.

 

Son métier d’analyste lui fait découvrir la singularité de chacun, l’étrangeté d’autrui. « je le savais pourtant, mais pas à ce point… ».Mais l’analyse libère.

 

L’intervention touchait à sa fin. L’auditoire sensible à la parole directe, allégée du souci de paraître et de s’imposer de Marie Darrieussecq, semblait savourer le moment présent. Savourer le passage d’une parole réconciliante.


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