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Semaine du 29/03/2010  - Cinoche
Tim-burton

En 3D, ou en 2D, ça manque toujours de relief

"Alice" de Tim Burton

Écrit par Ramuntxo Garbisu
Nul besoin d'avoir lu l'ouvrage original de Lewis Caroll pour éprouver une forte déception devant le nouveau film de Tim Burton, face au sentiment d'avoir été convié à une foire-expo entre Luna Park et un salon de nouveauté de jeux PS3.

Ils soutiennent PBI

Actualités du Pays Basque

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    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

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    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.


La seule démonstration qui tienne la route dans ce projet est en effet de comprendre à quel point "Avatar" est bien devenu le Titanic du cinéma, qui considère qu'un film fait "évènement" lorsqu'il est proposé en en 2D et en 3D.

Tout le reste, "le conte fantastique de Lewis Carroll adapté par le génial Tim Burton" relève d'une accroche commerciale qui fonctionne toujours sur le même principe, celui du poker-menteur : "si tu veux voir, tu paies", et à la fin, c'est toi qui perds.

catCar du récit fascinant et sulfureux de Lewis Caroll sur lequel tant de psychanalystes se sont penchés, il ne reste plus grand chose, si ce n'est son ossature, placée entre les mains du réalisateur de "Charlie et la Chocolaterie" par les studios Disney pour en remplir et décorer l'ensemble, entre M6 Déco et le packaging d'un nouveau Donuts à la framboise..

Attendue sans le savoir, Alice n'était pas forcément la bienvenue dans l'univers Carollien, les personnages rencontrés tardaient à rentrer dans la distinction "gentils/méchants", le chat-spectre la regardant les yeux brillants ou le chapelier s'amusant avec elle au fond de la théière n'étant pas des plus rassurants.
Dans ce contexte, chaque pas en avant d'Alice était un acte initiatique, dans une dimension de la vie formellement interdite à une petite fille par les adultes, celle de la découverte de l'autre et de soi, de ses intentions cachées, voire refoulées.

alice

De cela, il ne reste strictement rien dans le film de Tim Burton, construit sans aucun symbolisme autour d'une mise à l'épreuve progressive et linéaire, organisée en tableaux tout comme dans un jeu vidéo : trouver la bonne porte/trouver la clé/trouver l'épée/aller apporter l'épée à la Reine Blanche/tableau final (son adaptation en Nintendo, PS3 et PC est logiquement prévue dans les bacs, tout comme le reste, livres, CD, mode, joaillerie, cosmétiques et gastronomie).

chapelierLes scènes se succèdent dès lors au gré des incontournables exigés par la technologie 3D, travellings rapides au milieu d'objets féériques, plongées subites, en veillant juste à ce que les spectateurs de la version 2D ne regardent pas leurs montres ou leurs doudous, ou n'aient une pensée pour la Foire de Trône et ses manèges mécaniques.

La dimension sexuée du récit littéraire, potentiellement renforcée par le choix d'une jeune fille de 18 ans au lieu d'une gamine de 6 ans, semble en ce sens l'un des seuls véritables tours de force des scénaristes, qui arrivent à la contenir le plus loin possible, jusqu'au moment où, histoire de pouvoir aller bosser sur un vrai récit dans un autre studio que celui de Disney, choisissent de la recouvrir d'une tenue blanche de page, façon Jeanne d'Arc.

Sans doute le seule sentiment de tragique qui puisse étreindre certains spectateurs est la présence à l'écran de Johnny Depp, devenue une poupée inanimée et vaguement ridicule entre les mains de son créateur.

Non content de siffler la fin de toute (éventuelle) angoisse, le chapelier devient le ènième clone d'un personnage découvert avec "Edward aux mains d'argent", dont nous avions tant apprécié la poésie sombre et torturée, mais qui est réduit ici à une espèce de "pense-bêtes" souriant de tous les autres personnages que Burton lui confia.

alice_in_wonderland_2

 

Dès lors, les aventures de cette Alice-là ne parviennent jamais à susciter ni empathie ni impatience : elle n'est ni la petite soeur/petite fille pour laquelle on s'inquiète, ni la Lolita qui se dévoile, juste un de ces trop nombreux personnages d'enfants auxquels les studios américains confient des rôles d'adultes héroïques en gommant soigneusement la période intermédiaire.

Cet "Alice" de Tim Burton, aux allures d'un "Monde de Narnia" ripoliné, peut dès lors se conclure comme il le souhaite, noyé des violons et autres cordes de Dany Elfman, quand nous rêvions de la voix fumée et renversée de Tom Waits.

A la sortie de la salle, il est sans doute inutile de contrarier l'enthousiasme de ses plus jeunes spectateurs, même si vous brûlez de l'envie de leur demander en quoi ce Pays peut-il bien être celui des Merveilles.

Cette déception, née sur l'écran, peut éventuellement se transformer en agacement de voir cette nouvelle victoire nette et sans bavures de Disney, qui place le film sur 4 séances par jour, indifféremment dans chacune des structures existantes autour de nous.

pistoletA Bayonne, à L´Autre Cinéma et au Mega CGR Centre ; à Anglet au Monciné Anglet ; à Biarritz au Royal ; à St Jean de Luz au Sélect ; et ainsi de suite, ville après ville, sur 735 copies (soit le nombre de copies habituel d'un "Roi Lion" ou d'un "Harry Potter").

Eviter de penser que cet affrontement dans "Alice" entre la Dame Blanche et la Dame Rouge ne servirait qu'à remettre sur l'écran les deux couleurs de la marque Coca Cola devient à ce moment-là un effort surhumain....


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