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Semaine du 01/02/2010  - Société

Procès d'Egunkaria : l'accusation sur la défensive

Écrit par Rédaction
Lorsque, au terme d'un procès, le procureur et la défense se retrouvent dans le même réquisitoire-plaidoyer, les accusés sont en droit de s'interroger sur leur présence dans le box des accusés. Concernant le procès du quotidien basque Egunkaria, il ne sont pas les seuls dans cette réflexion, et cela ne date pas d'hier mais bien de cette sombre journée de 2003, lorsque la Garde Civile a procédé à la fermeture du Journal pour des liens présumés avec l'ETA et pour "défendre les droits et les libertés des Basques" selon la formule du ministre de l'intérieur espagnol de l'époque.

Ils soutiennent PBI

Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.


Pour autant, si le procès s'est clos lundi à Madrid, sur cette note atypique, le verdict continue de planer comme une menace sur les cinq accusés. Certes, le procureur a plaidé la relaxe. Mais l'accusation, constituée par deux associations de lutte contre l'ETA, reste furax. Malgré un dossier vide et un procès rocambolesque, les associations AVT (association de victimes du terrorisme) et Dignidad y justicia  réclament 12 à 15 ans de prison ferme pour chacun des 5 accusés. Et des amendes conséquentes qu'elles empocheraient au nom du droit espagnol et d'une formule qui leur permet de se constituer en "accusation populaire", avec un statut proche de la partie civile.

Ces dernières accusent d'ailleurs le procureur de l'Audience Nationale espagnole de n'en pas faire suffisamment pour condamner les accusés et menacent de porter plainte contre le gouvernement espagnol en cas de non-condamnation pour réclamer un dédommagement de 60 millions d'euros. Une façon de pallier le manque à gagner qui ne contribue guère à légitimer ce procès.

Car il s'agit bien de légitimité d'un procès, perçu par toute la société basque comme “sans fondement juridique”, comme l'affirmait lundi encore le parlement de Guipuzcoa, plaidant la cause des accusés auprès du président du tribunal, Javier Gomez Bermudez. De ce point de vue là, le procès aura permis à une large palette de la société de suivre à la loupe la marche acharnée, irrationnelle et parfois incohérente de la justice  espagnole dans sa lutte contre le terrorisme. Un angle mort de la démocratie, dans laquelle se nichent bien d'autres affaires et où croupissent essentiellement des membres de la gauche abertzale, voilés de l'opinion publique par cette tenace présomption de culpabilité.

 

De la Turquie aux Etats Unis en passant par l'Espagne, les démocraties modernes s'arrêtent pourtant aux portes de ces "mesures d'exception". Le droit est soluble dans la fameuse "nébuleuse" censée envelopper le terrorisme. Pour autant, cette fin de droit, cette "exception" démocratique, reste admise par les garants même des libertés démocratiques. L'association Reporter sans frontières attend le verdict du procès Egunkaria. Le journal français Libération estimait le 8 janvier qu'un "verdict clément" dans ce procès "constituerait une victoire morale pour les indépendantistes basques". Alors qu'un "verdict clément" constituerait la simple victoire du droit démocratique à ne pas céder à l'exception. C'est ainsi qu'il serait perçu moralement par toutes les tendances politiques de la société basque, à l'exception notable d'une droite ouvertement nostalgique de l'ordre franquiste.


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