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Semaine du 01/02/2010  - Culture
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La BD basque peine à trouver un espace

Le festival international de la BD d'Angoulême s'est clos hier. Le jury présidé par le dessinateur français Blutch a récompensé Raid Sattouf. Une occasion de revenir sur la place du neuvième art en Pays Basque peu diffusé mais historiquement présent.

Ils soutiennent PBI

Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.

 

Car contrairement à l'Argentine et à la France, en Espagne il y a une tradition la BD, mais elle demeure un art mineur. Le Pays Basque suit cette logique. La BD est considéré comme un produit culturel de la modernité industrielle qui a surgi en parallèle de émergence de la presse papier au XIX siècle. La bulle ibérique a connu une période plus faste à « la transition démocratique » dans les années 80. Un mouvement artistique underground particulièrement fort a émergé en Catalogne et s'était illustré en Hegoalde par la revue TMEO, crée en 1987 par Ezten Kultur Taldea . Prada, Ata, Fidel Martin, Mariscal, Pepe Gonzalez, à cette époque de nombreux auteurs ibériques sont sortis de leurs pays et ont publié en France, en Argentine, en Angleterre et aux Etats-Unis.

making_ofCarlos Gimenez, auréolé du prix patrimoine pour l'édition d'Angoulême 2010 est un ces auteurs expatriés reconnu à l'étranger. De l'autre coté des Pyrénées, au même moment, la France voit pousser comme des champignons les éditions associatives (Association, les Humanoïdes Associés ou encore Futuropolis...). Elles ont participé à la connaissance et à la reconnaissance de la BD indépendante. Aujourd'hui, ces productions non formatées vont du projet collectif d'artistes post-punk comme Mattt Konture à Persepolis de Marjane Satrapi. On les retrouvait dans l'espace « un autre monde » au festival de la capitale charentaise.

 

Logique de marché, mentalités différentes, les ibériques n'ont pas suivi ce filon de l'édition associative. La fuite des talents l'a même affaibli. « L'Espagne est un pays de contraste et d'exception. La plupart sont abrutis par les taureaux et le football. Mais sans savoir trop pourquoi, il y a toujours une élite talentueuse qui émerge » explique ce jeune Sévillan qui, planche à dessin sous le bras, s'est rendu à Angoulême pour faire connaître son travail. Car entre les rangées de livres, à défaut d'éditions ibériques quasi absentes, les catalans, les basques et les espagnols sont présents en tant qu'auteurs et arpentent les rayons dans le but de publier hors de la péninsule. C'est le cas de Mikel Begona et Iñaket, deux auteurs Biscayens: Mikel a auto-édité l'année passée sa première bande dessinée « Berunezko itsasoa: Matxitxakoko Guda ». Sans véritable soutien en pays basque, il avait reçu un bon retour ici à Angoulème alors que son récit n'était pas dans la langue de Voltaire. Aujourd'hui, il publie avec Iñaket une BD qui revient sur le parcours du photographe Robert Capa à Bilbao.

 

making_of_2« Je voulais publier en basque, je n'ai hélas pas trouver d'éditeur chez moi. Cambourakis nous édite en français, et en espagnol ce sont les barcelonais de Norma regrette-t-il. Aujourd'hui il est plus facile de vendre son travail en basque à Angoulême, qu'à la foire du livre de Durango » ironise l'auteur. Les deux auteurs attendent impatiemment qu'une vraie culture de la BD se développe en Euskal Herri : le petit festival de Getxo croît d'une année sur l'autre, des librairies spécialisées dans la BD naissent et les éditions Astiberri sont devenues la porte d'entrée de la BD indépendante européenne dans la péninsule. « Il y a un très bon public, mais il est restreint, regrette Iñaket, les éditions comme Astiberri préfèrent traduire des valeurs sûres étrangères que de donner une chance à un auteur localement ».

 

Mais c'est également la place qui est donnée à la culture dans la société basque (ou de manière générale en Espagne) qui les amène à réfléchir. Là bas la culture est soit très conventionnelle, ultra financée par la collectivité et réapproprié par les politiques en place (Guggeheim). Soit hyper marginale et subversive à l'image des Gaztetxe. La BD peine à trouver un espace entre ces deux courants. La revue Replika était le seul fanzine de BD basque a bénéficier d'un stand ce week-end. Financé par la communauté autonome, sans contenu original ou talentueux, elle était certainement un des seuls projets « artistiques » de l'espace indépendant à contenir aussi de la pub. (El correo et Eroski.) Un choix qui en dit long sur l'état de la culture et de sa promotion en Pays Basque Sud.


Images du projet de bande dessinée de Mikel Begoña et Iñaket consacré à Robert Capa, à paraitre en français aux éditions Cambourakis.

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