Semaine du 01/02/2010 - Économie/Social
LGV : quand Alain Lamassoure et Max Brisson défendaient les voies existantesComme pressenti, le dossier des nouvelles lignes LGV s'est invité au programme des Régionales, avec la difficile conciliation des Verts et du PS pour une alliance au second tour. Dans le camp UMP, la liste constituée autour d'Alain Lamassoure a été présentée ce lundi comme "la seule liste qui aura une position claire sur la LGV", a-t-il affirmé, c'est à dire, en faveur de la création de nouvelles lignes en Pays basque nord, l'utilisation des voies actuelles étant perçue comme une "extravagance".
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Réagissant dans les colonnes d'eitb.com sur la manifestation du samedi 23 janvier à Hendaye, Alain Lamassoure y voit "un combat d'arrière-garde", "motivé par des raisons essentiellement idéologiques ou, plus précisément, égoïstes". Mais plus que les opposants aux projets, c'est avant tout l'actuel président de la Région, Alain Rousset, et le Parti socialiste, qu'Alain Lamassoure voulait tacler. Au jeu de "qui est le plus pro-LGV", le député européen a demandé à Alain Rousset de "lever son ambiguïté sur le sujet" en affirmant sa propre légitimité sur ce dossier. Alain Lamassoure s'est définit comme le père de ce projet, rappelant qu'il l'avait porté "dès 1994, au Parlement Européen aux côtés de Jacques Delors, puis lors du débat public de 2006 en tant que Président du Conseil des Elus du Pays Basque nord". Depuis, bien des trains sont passés sur les voies actuelles, mais pas suffisamment pour oublier la prise de position de celui qui, la même année 1994, signait ses lettres avec l'entête de Ministre Délégué aux Affaires Européennes du gouvernement d'Édouard Balladur. Le 5 mars 1994, répondant à l'inquiétude d'un habitant de Mouguerre sur la question de la LGV, Alain Lamassoure n'avait donc besoin de personne pour lui répondre de ne pas s'inquiéter outre-mesure. Cliquez sur l'image pour l'agrandir
"Fidèle à notre volonté commune de sauvegarder l'environnement si sensible au Pays basque, je suis intervenu auprès du Ministre de l'Equipement, des Transports et du Tourisme, afin que l'ensemble de la liaison ferroviaire de Paris à Hendaye soit étudié, sur la base - pour ce qui concerne le trajet de Dax à la frontière espagnole - de l'utilisation de la voie existante".Un discours qui n'est pas sans rappeler celui de Michèle Alliot-Marie aujourd'hui. Et pas de quoi faciliter la tâche de Max Brisson qui, en tant que membre solidaire de l'équipe UMP, n'entend pas laisser aux copains le soin de défendre le projet de ces nouvelles lignes, "l'utilisation de la voie existante n'étant pas acceptable et même insultante". Ce mercredi 3 février, à partir de 18h30, au café du Trinquet de la Négresse, le premier adjoint de Biarritz et conseiller général n'a certes pas prévu de battre sa coulpe, quand, à l'heure de la préparation du projet d'Alain Lamassoure de 1994, il répondait à l'inquiétude du collectif "Ahetze, cadre de vie". Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Ce 26 février 1993, c'est à la main qu'il s'empressait de cocher la case du "OUI" en réponse à la question : "Vous prononcez-vous en faveur du maintien du TGV sur les voies existantes ?". Même "OUI" franc et massif à la question : "Estimez-vous que le parti politique avec lequel vous partagez vos opinions répondra globalement de la même façon ?".Pour autant, le Parti socialiste ne ressort pas champion de la cohérence sur ce dossier. Surtout si l'on y verse ce revirement plus récent de l'actuel maire d'Anglet, le socialiste Jean Espilondo, aujourd'hui partisan de la LGV. Lors des législatives de 2007, il proposait à ses électeurs d'envoyer "à l'Assemblée Nationale un député de confiance qui s'opposera avec conviction à ce projet aberrant de LGV". Et ce sont bien les valeurs de confiance et de conviction qui sont soulignées. De 1994 à 2010, durant seize années, bien des trains sont effectivement passés sous nos ponts, emportant avec eux de belles affirmations... Dans un futur équivalent, retrouverons-nous Messieurs Lamassoure, Brisson et Espilondo, expliquant avec la même conviction que la ligne LGV doit être considérée comme "destructrice, ruineuse, inutile" ? |
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