Semaine du 01/02/2010
- On en parle
POLITIS
Haïti : il est temps d’effacer la dette
28/01/2010
La tragédie qui a frappé Haïti il y a deux semaines laisse un pays dévasté, où tout est à reconstruire. Mais la grande pauvreté de ce pays résulte d’abord d’une pression financière exercée par les pays riches. Voilà pourquoi il est nécessaire, aujourd’hui, d’abolir enfin une dette profondément injuste.
Actualités du Pays Basque
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Chroniques
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Pas vu, pas pris
Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.
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J'me comprends
"L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).
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J'me comprends
"[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit :
1) Répertorier les ressources planétaires.
2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.).
3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits.
4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits.
5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]"
[source : wikipedia].
On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.
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Chronique
Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.
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Fenêtre sur Cour
Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.
Les dons affluent en Haïti pour faire face à l’urgence humanitaire. Dans le même temps, ce pays dévasté et insolvable doit 50 millions de dollars d’intérêts à ses créanciers, conséquence d’une dette évaluée à 1,2 milliard de dollars en 2009. Le lourd héritage de la dette pèse depuis longtemps sur ce pays considéré comme l’un des plus pauvres du monde. Son «annulation totale, immédiatement et sans condition » est demandée par les ONG réunies dans la plate-forme Dette et développement. En juin 2009, la même exigence avait été adressée aux principaux créanciers d’Haïti, qui s’étaient engagés à effacer l’ardoise. Elle est pourtant toujours d’actualité. Au point qu’il est nécessaire de rétablir un certain nombre de vérités, car, à écouter les pays riches qui détiennent la dette haïtienne, comme celle de la plupart des pays pauvres et en développement, celle-ci ne serait qu’un mauvais souvenir.
Ainsi, en France, Christine Lagarde, ministre de l’Économie, a annoncé récemment l’annulation de 58 millions d’euros de dette, et demandé au Club de Paris, groupe informel des principaux pays créanciers, d’accélérer les annulations. Or, cette généreuse déclaration n’annonce rien de nouveau : cette décision date en fait de juillet 2009. De son côté, la Banque mondiale n’annule pas le remboursement de 38 millions de dollars, mais ne fait que le suspendre pour cinq ans. Et le Fonds monétaire international a décidé d’octroyer une « aide » de 100 millions de dollars sous forme de… prêt, certes sans intérêts, mais qu’il faudra bien rembourser aussi. Si l’on ajoute la Banque interaméricaine de développement, les institutions financières internationales détiennent à elles seules plus de 80 % de la créance haïtienne. Les ONG les soupçonnent de vouloir reprendre en main la destinée économique du pays pour lui imposer un modèle sur mesure, ce qui a déjà coûté cher aux Haïtiens dans le passé. Alors que le pays se débat pour reprendre vie, il est plus que temps d’effacer enfin –?et vraiment – la dette.
Thierry Brun
Le peuple haïtien doit être souverain
Pauline Imbach et Claude Quemar, du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde, expliquent pourquoi la dette qui frappe Haïti est illégitime, et doit donc être levée.
Les promesses d’aide d’urgence et de reconstruction affluent pour secourir Haïti après le tremblement de terre. Comme en 2004, au moment du cyclone Jeanne, les images de la catastrophe provoquent une réaction empreinte à la fois d’infini respect pour les victimes, de solidarité pour les survivants meurtris et de colère devant l’absence de réponses à la hauteur des événements. Si l’aide d’urgence est indispensable, il est important de revenir sur les enjeux réels, rendus flous par le déferlement médiatique privilégiant l’émotion, le spectacle, le caritatif. La situation de pauvreté d’Haïti est loin d’être issue d’une catastrophe naturelle. Elle résulte de la mise en place méticuleuse d’un système de domination néocoloniale, imposé depuis deux siècles par les États-Unis, la France et les institutions financières internationales (IFI).
L’État haïtien s’est construit dès le départ sur des ruines, celles imposées par une dette illégitime, puissant instrument de domination impérialiste. En 1804, Haïti conquiert son indépendance à travers une double révolution anti-esclavagiste et anticoloniale, et devient la première république noire au monde. La France refusant de céder ses intérêts impose au peuple une rançon colossale de 150 millions de francs or (21 milliards de dollars d’aujourd’hui). En 2004, Régis Debray écarte la restitution de ces fonds prétextant qu’elle ne serait pas « fondée juridiquement » et que cela ouvrirait la « boîte de Pandore» [1].
La dette continue alors de frapper Haïti pour atteindre, sous Duvalier, 750 millions de dollars en 1986, alors que la fortune du dictateur est estimée à 900 millions de dollars [2]. Avec le jeu des intérêts, des pénalités et de nouveaux prêts, la dette odieuse [3] haïtienne dépasse 1 884 millions de dollars en 2008. Selon la Banque mondiale, entre 1995 et 2001, le service de la dette (le capital et les intérêts remboursés) a atteint 321 millions de dollars. Aujourd’hui, plus de 80 % de la dette extérieure d’Haïti est détenue par la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID). Les IFI imposent au gouvernement haïtien des politiques directement responsables de la pauvreté, en particulier via l’initiative « pays pauvres très endettés » (PPTE). Plans d’ajustements structurels (PAS), zones franches, privatisations, accords de partenariat économique (APE) signés fin 2009 sont les fléaux contre lesquels les Haïtiens se battent depuis des années.
L’année 2009 a été marquée par les luttes convergentes de nombreux secteurs de la société autour de la revendication de l’augmentation du salaire minimum. Cette question touchait le cœur même de la stratégie de domination et a permis de révéler le vrai visage de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti). Cette instance, qui prétend avoir pacifié le pays, a imposé des politiques de réorganisation économique. Depuis 2006, des accords spéciaux [4] ont été signés entre les États haïtien, états-unien et brésilien, permettant, par exemple, l’entrée sans droits de douane sur le territoire états-unien de produits textiles fabriqués en Haïti. Ces mesures, vantées comme créatrices d’emplois, plongent les travailleurs haïtiens dans des conditions que leurs ancêtres avaient abolies il y a plus de deux cents ans.
Dans le même cadre, on assiste à la mise en place d’une politique agricole mortifère tournée vers la production d’agrocarburants, cœur de la stratégie énergétique caribéenne défendue par Bush et Lula. Près d’un quart du territoire haïtien est voué à la production du jatropha – produisant une huile aux propriétés comparables à celles du diesel –, qui concurrence directement les cultures vivrières, alors qu’Haïti a connu en 2008 de graves crises alimentaires. Aujourd’hui, Haïti importe 80 % de son riz, alors qu’il y a moins de vingt ans elle était autosuffisante. En 1995, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont réduit de 50 % à 3 % les taxes sur le riz importé. Le riz subventionné et produit par les États-Unis a inondé le marché haïtien. Peu élevé dans un premier temps, son prix a suivi les cours mondiaux, qui ont doublé, privant la population de cette denrée et provoquant de graves famines.
La catastrophe qui touche Haïti s’appelle avant tout le capitalisme. Le peuple haïtien doit récupérer sa souveraineté, voilà l’enjeu fondamental. Il doit exiger réparation : non seulement l’annulation de la dette extérieure, mais le remboursement des sommes indûment ponctionnées par les IFI, et la mise en place d’un fonds correspondant à la rançon payée à la France, afin que soient menés des projets de reconstruction. Ces mesures devront s’accompagner de la mise en place d’un nouveau modèle de développement endogène, en rupture avec celui imposé par les IFI, et dont les Haïtiens détiendraient les clés.
Notes [1] « Haïti : au-delà des effets d’annonce », Éric Toussaint et Sophie Perchellet, le Monde, 20 janvier 2010.) [2] Notons que la France a offert le statut de réfugié politique et l’immunité à Jean-Claude Duvalier. La justice suisse a restitué à l’État haïtien 6 millions de dollars de biens mal acquis par Duvalier. [3] Doctrine de droit international, c’est une dette contractée par un régime despotique et utilisée contre les intérêts de la population. [4] Hope I (Loi hémisphérique haïtienne d’opportunités à travers l’encouragement au partenariat) a été votée en décembre 2006 et Hope II en octobre 2008.
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