Semaine du 13/12/2010 - PolitiqueMandat Européen : MAM botte en toucheMichèle Alliot-Marie n’est pas ministre à prendre position sur des sujets politiques touchant le Pays Basque. Comme en 2003 lors de la fermeture si peu démocratique du quotidien Egunkaria par les autorités espagnoles et la mise à pied de fait de journalistes exerçant dans l’hexagone, Michèle Alliot-Marie s’est réfugiée vendredi soir dans une non-réponse, au sujet du Mandat d’arrêt européen émis à l’encontre d’Aurore Martin, en convoquant un devoir de réserve fort à propos. Dans une demi-mesure, elle a cependant accepté de transmettre le dossier explicatif, que lui ont remis les élus abertzale de Saint-Jean-de-Luz, à son homologue, Michel Mercier, nouveau ministre de la justice.
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Au quotidien Sud-Ouest, elle rappelait pourtant, le lendemain, que « Un membre du gouvernement n'a pas à commenter une décision de justice. » Allusion transparente au ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, qui ne s’est pas privé, ce même vendredi, de regretter la condamnation de policiers français et que MAM a l’habitude de rappeler à l’ordre. On se doute bien dès lors que le ministre de la justice ne peut pas grand-chose pour la militante de Batasuna, en attente d’un pourvoi en cassation. Michel Mercier rappelle lui-même, en ces temps polémiques, que la justice est souveraine. Du reste, la loi n’interdit-elle pas de « jeter le discrédit » sur les décisions de justice ? Mais la question justement, n’était pas là. En cette journée mondiale des droits de l’Homme, la mobilisation à l’appel d’Askatasuna convergeait symboliquement sur la place Louis XIV de Saint-Jean-de-Luz et devant la mairie où se tenait le conseil municipal, en présence de la ministre et adjointe au maire. Il s’agissait de battre le rappel, comme le fit le groupe abertzale Herri Berri en séance, pour demander aux élus d’afficher leur attachement à la liberté politique et de signer une pétition condamnant l’application politique du mandat européen. Le sénateur maire Didier Borotra, le député Jean Lassalle et même le député Jean Grenet l’ont fait sans réserve. Le Conseil Municipal luzien a refusé d’aborder ce sujet en séance, il est vrai peu conforme à cet exercice municipal mais le maire a accepté l’idée d’une rencontre sur le sujet dans la semaine qui vient. La seule réponse ferme est venue des forces de l’ordre qui, à l’arrivée de Michèle Alliot-Marie, ont balayé la soixantaine de manifestants réunis autour du kiosque de la place, faisant un blessé et embarquant une jeune femme au poste pour la nuit pour « rébellion ». Les manifestants avaient commencé la journée vers 3h du matin devant le domicile du président de la Communauté de communes d'Iholdy, Lucien Delgue, qui avait refusé aborder le sujet de ce mandat d’arrêt le jugeant « politique », puis vers 7h du matin devant le domicile du député UMP Daniel Poulou, seul député basque à ne pas avoir affiché son soutien à Aurore Martin. Une façon de rappeler justement que les élus doivent s’exprimer et que cette vocation est chevillée à leur mandat d’élu municipal ou de ministre. Même si la contradiction veut que parfois les mêmes élaborent, proposent ou votent les lois. Aurore Martin risque 12 ans de réclusion pour avoir tenu des conférences de presse sous la bannière de Batasuna, parti interdit en Espagne. L’application de son mandat d’arrêt reste en ce sens une application stricte de la loi française. |
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