Semaine du 13/12/2010 - Sport
Le Poulidor de la peloteAbel Barriola, éternel secondLes amateurs de cyclisme n’hésiteraient pas à le qualifier de « Poulidor » de la Pelote Basque : Monsieur second. Abel Barriola bénéficie désormais de l’étiquette d’éternel deuxième, le pilotari qui n’arrive jamais au bout, ou presque. Dimanche encore, dans le chaudron donostiar d’Atano III, le Navarrais de Leitza a dû se contenter de la seconde marche du podium, aux dépens d’un grand Martinez de Irujo, il est vrai, définitivement un des meilleurs joueurs de l’histoire de la pelote.
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Irujo s’est imposé sur le même score qu’en partie de poule 22-17 au terme d’une rencontre équilibrée jusqu’à la dernière ligne droite où les erreurs de Barriola lui ont été fatales. Pourtant, si Abel Barriola suit les traces de « Poupou », certaines nuances sont à retenir. Il est toujours difficile d’établir des comparaisons entre le cyclisme et la Pelote Basque, entre les professionnels du vélo et les manistes du mur à gauche, d’autant que les époques ne sont pas les mêmes, pas plus que les compétitions, mais Raymond Poulidor n’a jamais gagné le Tour de France, par exemple, alors qu’Abel Barriola, mine de rien, compte déjà trois xapela en première série : celle du quatre et demi en 2000, celle du tête à tête en 2001 et celle du quatre et demi navarrais en 2002. Ce n’est pas rien. En revanche, les deux athlètes se réunissent dans les places de seconds.
Poulidor détient le record de podiums dans le Tour de France (8), ainsi que dans le championnat du Monde (4), Barriola lui dans les championnats : finaliste du quatre et demi en 2004, 2006 et 2007 et finaliste du tête à tête en 2007 et 2008. 11 finales pour trois petits titres. De quoi se poser des questions. Précisément, le Leitzar semble s'en poser de bonnes.
Déçu à la fin de la partie, comme tout compétiteur qui se doit, Barriola n’a pas perdu de sa lucidité pour savoir d’où il venait. Il n’a pas manqué de souligner l’incroyable trajet qu’il a fallu accomplir avant d’en arriver là. Car si Barriola est un joueur talentueux, il l’a prouvé en début de carrière, la chance n’a pas toujours été à ses côtés. Une grave blessure au genou l’a tenu loin des cancha pendant des longs mois et ce n’est que maintenant qu’il voit la lumière au bout du tunnel. Dans de telles circonstances on relativise plus facilement, revenir au plus haut niveau était le but premier, c’est chose faite, le reste c’est du bonus. Alors disputer une finale face à Martinez de Irujo était un cadeau de Noël avancé. Bien sur le Leitzar aurait bien voulu ramener la xapela, mais il se contentera de la coupe.
Reste que de perdre autant de finale n’est pas un fait anecdotique. Le pilotari en est conscient et c’est pourquoi il y travaille en profondeur. Les pilotazale l’ont remarqué peut-être, ce n’est plus Olaetxea qui l’a conseillé dans ce championnat du quatre et demi, mais un nouveau visage dans le monde de la Pelote : Jesus Buldain. Barriola a changé de botillero. Il a voulu donner une nouvelle dimension à sa carrière avec un homme qui aime bien travailler le domaine mental, qui privilégie l’événement et comment l’apprivoiser. Buldain est Leitzar lui aussi, un mordu de pelote, joueur lui-même jusqu’à l’adolescence mais qui s’intéresse par-dessus tout aux à côtés du sport. Il veut inculquer à son nouveau poulain une mentalité de gagneur, qu’il sache gérer les émotions et devienne encore plus compétitif. Une stratégie qui a d’ailleurs bien fonctionné… jusqu’en finale.
Barriola s’est montré intraitable depuis le début de la compétition. Seul Irujo l’a battu en Liguilla, mais ce jour-là aussi, le Poulidor de la pelote avait fait preuve de combativité. Et en finale aussi. Mais s’il y a des leçons de combativité à donner, il faut se rendre à l’évidence, Martinez de Irujo est en pôle position. Le pilotari d’Ibero a pris la grêle d’entrée de jeu. Barriola butait parfaitement, lui infligeant la bagatelle de 4 buts dans les 7 premiers points. 7-0, autant dire qu’Irujo avait de quoi se poser des questions. Et le champion, lui, se les pose dans la cancha. Ou pas. Son comportement n’est pas très joli a voir par moment, mais il faut le reconnaitre le Navarrais puise dans sa rage les ressources pour renverser la situation.
Irujo a enchaîné 10 points consécutifs. Et le mental, là, ne doit pas faire défaut. Les deux joueurs se sont rendu coup pou coup, chacun avec sa pelote pour se pointer avant la dernière ligne droite (14-14) a égalité. Sur les startings blocs, les deux face à face pour une mini partie en 8. Et là, les démons de Barriola sont apparus. Il n’a pas baissé les bras, mais ses fautes directes, un but faut et deux pasa, ne pardonnent pas à ce niveau. Pas face à Martinez de Irujo. Il faudra donc travailler davantage. Quoi qu’il en soit, le pilotzale sait reconnaître le talent des joueurs, dimanche, les deux protagonistes ont été ovationnés. |
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