Archives depuis Décembre 2009Semaine du 06/09/2010 - Politique
La dernière leçon de Pierre Bidart« Dérives inquiétantes », « triste spectacle ». Les mots sont durs. Ils sont de l’universitaire baigorriar Pierre Bidart. Pour qualifier la politique du gouvernement à l’égard des Roms à la veille de prendre son poste d’attaché culturel à l’ambassade de France à Sofia (Bulgarie) ? Pas du tout. Pour commenter le pataquès en cours à la Communauté des communes de Garazi-Baigorri. Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
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La méthode est élégante : Pierre Bidart a publié une tribune au Journal de St-Palais le 6 août dernier pour faire la leçon sur la ‘crise’ en cours en Basse-Navarre sud. L’heure doit être grave. Cet été, quatre maires ont démissionné de leur vice-présidence pour contester la décision du président, Jean-Michel Galant, d’embaucher un nouveau directeur général des services, en l’occurrence Estebe Eyherabide qui occupait ce poste à l’Office public de la langue basque. C’est effectivement un coup de tonnerre dans la vie politique garaztar —qui se double de chambardements dans le volet culturel avec la reprise en main institutionnelle de la Scène de pays. L'appel au peuple Pierre Bidart y voit « un événement d’une extrême gravité » qui révèle « l’état de délabrement de cette institution locale ». Pour en sortir, l’ancien candidat socialiste aux élections cantonales en appelle aux maires de Baigorry et de St-Jean-Pied-de-Port pour qu’ils « affirment leur ancienne et légitime autorité de chefs-lieux de canton en se faisant les porte-parole de [l’]esprit public ». Mieux, l’anthropologue juge « utile que les habitants s’organisent en comité de vigilance communautaire pour défendre cet esprit public ». On ne sait s’il fait référence à la Révolution ou au gadget électoral de 2007 de Ségolène Royal. Un appel au peuple, « avant que les autorités préfectorales n’envisagent, peut être un jour,la dissolution de cette Communauté de Communes pour incurie grave ! ». Cet appel à un « sursaut républicain » est motivé par le fait que D. Garazi envisage une piscine chauffée, ce qui susciterait l’inquiétude et la colère des baigorriar sur l’avenir de leur propre piscine. Second élément concret porté dans le dossier à charge : une étude payée 16 000 euros pour pressentir un terrain d’accueil pour les camping-cars. Plus généralement, Pierre Bidart fustige « un recours excessif aux cabinets d’étude » de la part des élus, une « opacité » dans le fonctionnement et les décisions de la Communauté des communes, le manque de lettre d’information, et l’absence de politique transfrontalière ou de programme d’action à l’égard des jeunes. Toute chose dont ne souffriraient pas les voisins d’Amikuze. L’ancien sociologue critique en profite pour ériger en modèle la com’ de la Communauté des communes d’Amikuze (sous la houlette du très progressiste Barthélémy Aguerre) et salue au passage Le Journal de St-Palais et ses « très longs comptes-rendus ». Bref, c’est bien mieux à côté. La faute aux abertzale ! L’heure est peut être effectivement grave pour ces pauvres garaztar et baigorriar, mais l’explication d’une telle charge est probablement ailleurs. Après les élections municipales de 2008, les abertzale ont pris le leadership à la communauté des communes. Jean-Michel Galant (AB) est devenu président. Du coup, l’ancien intellectuel organique des anti-département Pays Basque —via leurs anciens think-tank CAP Vivre Ensemble ou Club Prospère Irigaray— croit déceler une « manœuvre de noyautage politique nationaliste basque » dans la décision qui a provoqué la démission des quatre adjoints (le maire Modem d'Anhaux, de St-Martin d'Arrossa, de Gamarthe et un conseiller municipal de St-Jean-le-Vieux). Il est bien loin le temps où le jeune sociologue bourdieusien plaidait pour une alliance entre abertzale et socialiste pour promouvoir un changement en terre conservatrice. La voie à suivre en matière de gestion des collectivités locales se situerait désormais chez le Modem Barthélémy Aguerre. Pour finir d’avoir le tournis, il ne manquerait plus qu’il prenne ses nouvelles fonctions en empruntant un charter avec des Roms bulgares. |
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