Suivez-nous via
facebook twitter2 feed2
Inscrivez-vous à la newsletter

Recevoir du HTML?

ACTUALITÉS DU PAYS BASQUE

  • Imprimer
  • Email
Semaine du 06/09/2010  - Cinoche

Benda Bilili, très, très Fort !

Benda Bilili, de Renaud Barret et Florent de La Tullaye

Écrit par Michèle Solle
Renaud Barret, l’un des deux réalisateurs de Benta Bilili (avec Florent de La Tullaye), était il y a peu, aux 26ème Rencontres Cinéma de Gindou pour accompagner son film.  Présenté comme un des plus toniques des Rencontres, sa projection a rempli le grand théâtre de Verdure et recueilli des applaudissements enthousiastes. Sourires et danses accompagnaient la sortie, forte émotion,  grande énergie. De fait,  le spectacle du Staff Benda Bilili devenu par la volonté de son chef Ricky et la grâce de la providence le meilleur orchestre du Congo Kinshasa, tient à la fois du miracle et de la leçon de vie. Le film énergique sera présenté ce mardi en avant-première au cinéma l'Atalante de Bayonne.

Ils soutiennent PBI

Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.


Une équipe de parias, vivant dans la rue, paraplégiques qui plus est, se réunissent quotidiennement depuis des années, et  répètent, sur d’improbables instruments, les morceaux écrits par leur chef Ricky.  On les retrouve  quelques années plus tard en tournée européenne. Alors success story ? A part qu’il s’agit d’un document filmé sur 6 ans et sans scénario, par des non professionnels, « tombés dans la marmite » et qui, dès le départ ont voulu garder une trace des moments extraordinaires qu’ils partageaient avec leurs compagnons.

Le lendemain,  Renaud Barret répondait aux questions posées par le sélectionneur et le public lors de la tchache de 17h, moment sacré à Gindou. Extaits : 

- Quelle est la Genèse de l’ « aventure » ? :
Renaud Barret  : « Auparavant j’étais dans le graphisme, les logos, la photo. Je suis arrivé il y a 8 ans à Kinshasa, pour faire une reportage sur un camp d’enfants à la frontière du Rwanda.. Un soir un copain m’a fait connaître la cité, les quartiers, les musiciens du ghetto. J ai découvert l’iceberg créatif de Kinshasa.  J’ai appelé Florent qui se trouvait en Sibérie pour qu’il me rejoigne. Ma vie a changé d’un coup. On n’a pas réfléchi. J’ai ressenti un sentiment d’urgence, il fallait filmer ces hommes de Benda Bilili, qui avaient tous dépassé la limite d’espérance de vie dans leur pays et qui jouaient sur ce trottoir. Au départ nous n’avions qu’une petite caméra H.D. et aucun de nous n’avait suivi des études de cinéma. Nous nous sommes installés à Kinshasa, les Benda Bilili nous protégeaient et nous ont permis d’entrer dans le quartier sans craindre les voyous. Ce film correspond à 6 ans de tournage et de compagnonnage avec eux. Nous avons 600 heures de rushes et le montage a été très dur. Il y aura pas mal de bonus dans le DVD… »

- Comment se passait le tournage ?
R.B. :     «  Rien de prémédité, agir d’abord, réfléchir ensuite. Il s’agissait au début d’une captation d’images, de témoigner de cette énergie vitale d’artistes doués qui n’avaient aucune représentation. Vu le marasme de l’industrie du disque, l’image était obligatoire. L’idée de les produire nous est venue spontanément. Nous étions de complets autodidactes, doutant de nous, dans une démarche simple. C’est l’européen qui tient la caméra et relate la réalité de la société africaine. Ils nous ont fait confiance »

- Pourtant dans la première scène de rue, on voit les sujets de loin mais on les entend bien, vous avez donc eu recours à un artifice…
R.B. : Il n’y a pas eu de mise en scène mais juste des artifices techniques induits par la difficulté de filmer dans la rue. Nous avons utilisé un micro émetteur. C’est très compliqué de filmer  à Kinshasa ; Par exemple,  les militaires ne sont pas payés et rackettent, ils nous ont mis en prison pour nous extorquer des dollars une dizaine de fois. L’utilisation du micro Tram  HF  nous donnait la possibilité de prendre du son et de partir très vite, sinon, c’était la razzia. Un mode semi-espion. Par ailleurs, ce  procédé donne des discussions très libérées.

Y a-t-il eu des évolutions au cours des 6 ans de tournage ?
R.B. : L’idée du film est venue assez tard. On peut y voir des supercheries, moi, je sais qu’il n’y en a pas. Au début, c’était plutôt une démarche de producteurs de musique. Il n’y a rien là-bas en la matière. Les premières années nous avons assumé financièrement les dépenses  du groupe, puis, à bout de ressources, nous avons trouvé un producteur vers la 3ème ou 4ème année.
Au début ils jouaient sur des instruments fabriqués  par des luthiers locaux car tout avait été dévasté par les pillages après Mobutu. Le problème était le matériel. On a récupéré des instruments, ils ont pu travailler décemment, c’est couteux mais obligatoire si on veut être pro. Tout le matériel électrique a été volé. Il a fallu le remplacer. On faisait les A/R en Europe pour trouver des fonds, au retour on reprenait le travail avec eux car, entre temps, ils répétaient dans la rue. Seuls,  ni eux ni nous n’y seraient arrivés.


Un spectateur, interpelé par la scène du match de foot joué par des handicapés, la qualifie de « repoussoir magnifique », et s’interroge sur la vraie raison qui l’a fait s’interesser aux Benda Bilili...
R.B. : c’est la musique qui nous a accrochés, ni la rue, ni le handicap .Nous avons choisi les meilleurs musiciens. C’est l’idée que le pouvoir de la musique peut changer la vie. On a été séduits par ces gens qui se sont créé un rêve et vont jusqu’au bout.
On ne  veut pas évacuer l’image du handicap. Un jour, un musicien m’a dit : « on va te montrer qu’on n’est pas des manchots »  et m’a emmené au match de foot, je l’ai filmé. Ces joueurs  sont des forces de la nature, ce match en dit long sur la puissance physique des handicapés. Pour les spectateurs, c’est un divertissement, au bout de 3 minutes on a oublié qu’ils sont différents.

 

 

Homme noir, lève toi, réveille toi !

R.B. : Les Benda Bilili sont bien placés pour parler des problèmes de l’Afrique. C’est très clair. La colonisation est finie, l’homme noir est en face de ses responsabilités. Ils ont un morceau avec des paroles très fortes : Homme noir, lève toi, réveille toi! Cette chanson remet les choses à leur juste place par rapport aux responsabilités de chacun. Cette population non scolarisée, prise en otage par une élite africaine… Je comprends qu’on soit très corrompu, qu’on puisse voler, mais on laisse un petit peu dans l’assiette pour les siens. Là, il ne reste pas une miette. Il y a autour de ce pays un tas de puissances occidentales qui continuent à voler les diamants, l’or etc… à travers des deals foireux, tout le monde a intérêt à ce que ça se passe mal. Mais le problème de base vient du gouvernant bantou, de son tribalisme et sa façon séculaire d’envisager le pouvoir, qui n’est pas héritée de la colonisation. Et je sais que ces paroles ne plaisent pas à tout le monde...


Publicité

Publicité