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ACTUALITÉS DU PAYS BASQUE

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Semaine du 14/06/2010  - Société

André Lesca gagne la bataille des bars du Petit Bayonne

Écrit par Rédaction

André Lesca est un bon citoyen. Depuis qu’il s’est installé à Bayonne, en décembre 2007, pour renouer avec le berceau familial, ce sexagénaire, né à Lyon, a les activités festives du Petit Bayonne à l’œil. Il faut dire qu’il est idéalement placé, au début de la rue Pannecau, au cœur de l’activité nocturne de la ville et de ses bars. Il est vice-président de l’association Ardevie, créée en avril dernier pour représenter les riverains agacés par les nuisances de la fête. Vendredi dernier, lors de l’annonce par le député maire de Bayonne de la nouvelle réglementation visant à fermer les bars et les restaurants du quartier à 00h30, il était là, représentant d’un lobbying abouti.

 

 

André Lesca, photo de son site Internet

Ils soutiennent PBI

Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.

 

André Lesca connaît bien ses droits. Moins ceux des autres. Passionné de vidéo et d’informatique, le retraité a décidé de filmer et de diffuser les images du « tapage nocturne » qu’il subit depuis son promontoire idéal, sans considérations pour les droits à l’image des personnes ainsi filmées à leur insu. Des documents qu’il met en ligne sur le site Youtube, tragi-comiques, parfois commentés de sa voix off, façon reporter de guerre monocorde. Avec en prime la participation, comme lorsqu’il prévient que « la police a été prévenue », qu’il filme son intervention et le geste imbécile de fêtards qui jetteront une barrière dans la Nive une fois les forces de l’ordre reparties.

Le reste de ces documents est un concentré de pochtronades ordinaires, de gens qui titubent et braillent à la fermeture des bars, qui chantent, qui jouent du saxophone, et même du tambour dans la rue pendant la foire au jambon alors que la fête bat son plein avant deux heures. Pas de nuances entre les habitudes festives d’un quartier qu’il a choisi d’habiter et la bêtise ivrogne qui sévit en quelque incivilité. Si ce n’est dans la nuisance qu’occasionne la fête dans l’appartement sans doute mal isolé d’André Lesca. On le sait pourtant, à proximité d’un aéroport ou dans une rue peuplée de bar, a fortiori lorsque le double vitrage est interdit, les loyers s’effondrent. Ce pimpant retraité n’a sans doute pas signé son bail un soir de foire au jambon ni mesuré des pratiques festives qui le pousseront à bivouaquer dans sa salle de bain, selon ses déclarations au quotidien Sud-Ouest.

Ses vidéos circulent aujourd’hui sur Internet, toujours titubant dans un registre tragi-comique, et posent la question de leur réalisation. Certes, André Lesca « ne conçoit pas la vie sans engagement » prévient-il sur son site Internet, en précisant qu’il a lui-même demandé, dès l’âge de 6 ans, d’effectuer sa première communion. Une question de foi donc, après une cirrhose du foie dès l’âge de quatre ans, qu’il semble désormais guetter chez l’ivrogne qui tutoie son espace sonore. Dans cette homonymie compensatoire, il poursuivra dans les jeunesses catholiques étudiantes puis dans l’action catholique ouvrière. De là à se retrouver investi d’une mission, il y a un pas que n’explique pas ce simple choix de vie. Car l’engagement de templier, comme le métier de reporter de guerre, sous-tend un labeur contraignant et volontaire ou à l’inverse une situation contrainte et subie, sans échappatoire. André Lesca, que rien n’empêche de vivre au calme en zone de paix, c’est-à-dire à 50 mètres de là, semble se complaire dans le rôle du citoyen zélé en prônant le retour à l’ordre et en refusant de plier face au nombre de cafetiers. La mairie lui a d’ailleurs donné raison. Le bon droit triomphe dans une société de plus en plus encadrée et légiférée.

Mais l’obstination alcoolique porte aussi la promesse d’une détermination massive et déraisonnée qui ne capitule jamais. Les vidéos gag d’André Lesca sont en passe de devenir un jeu de beuverie, aussi ludique que le paquito chocolatero prôné par la mairie les jours de fête. Il fallait voir, ce jeudi soir, un honnête travailleur passablement éméché s’offrant à la mire du sniper sur le pont Pannecau, au cri de « filme moi dédé ! ». C’est un peu le jeu des vachettes de Saint-André, le coup de corne en moins. Ne manque plus que le vuvuzela sud africain pour faire jaillir l’étincelle passionnée du bon grammage d’alcool, et voler avec passion dans le plumage de la palombière du Petit Bayonne. Un chant du cygne cependant, comme le dernier cotillon de l’aube, avant sommeil profond et gueule de bois. La fin de la récrée est déjà sonnée.

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