ACTUALITÉS DU PAYS BASQUESemaine du 31/05/2010 - Société
Hegalaldia bat de l’aileL’association Hegalaldia bat de l’aile. Après une déconvenue financière en début d’année, le centre de sauvegarde de la faune sauvage, basé à Ustaritz, doit composer avec une trésorerie incertaine. Si ce fait n’est pas nouveau, l’association ayant du mal à rentrer dans les lignes de subventions prévues par les pouvoirs publics, en revanche, un imprévu vient de porter au jour cette difficulté endémique et questionne l’existence même de la structure et ses missions.
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Avec l’arrivée des galettes de pétrole du Prestige et des premiers oiseaux mazoutés sur notre côte, l’association avait démontré son efficacité et son intérêt pour la collectivité. Le travail de ses bénévoles était non seulement remarquable par sa qualité, mais il était surtout nécessaire puisqu’aucune structure comparable n’existait sous notre latitude. C’était en 2002. Depuis la Région et le Département ont aidé l’association à se développer et à remplir ses missions d’intérêt général, mais sans toutefois trouver la ligne budgétaire justifiant une aide à la faune sauvage. Une question de compétences, donc. De là les déboires actuels de Hegalaldia, même si, à la demande du Conseil Général, il a été décidé d’établir une convention sur trois ans avec l’association, pour réglementer cette aide et officialiser une subvention de 50.000 euros par an, sur un budget total de 168.000 euros. Une convention pourtant passée à la trappe des services techniques du Conseil Général, à la fin du mois de janvier, avant qu’elle n’ait pu être votée, en raison de cette même difficulté à intégrer les activités de l'association dans les compétences du Département. Le serpent se mord la queue. Si rien ne semble prévu dans les textes pour recueillir et soigner la faune sauvage, paradoxalement le travail ne manque pas. Le Pays Basque est au cœur d’une des cinq zones sensibles de l’Europe en terme de biodiversité et concentre un nombre d’espèces importantes, à flanc de montagne, aux bords de l’Atlantiques, dans un couloir de migrations et même aux abords d’une frontière qui voit parfois des saisies d’animaux nécessitant des soins. Le centre d’Ustaritz recueille désormais un millier d’animaux par an et ce chiffre augmente de 20% chaque année. En cette année internationale de la biodiversité, Hegalaldia risque d’être coupée dans son envol. L’une des responsables du centre, Céline Carrasset, se veut pourtant rassurante, estimant qu’une solution sera trouvée. Le Conseil général a voté le 21 mai dernier une subvention en urgence de 25.000 euros et la jeune femme a bon espoir que les élus ne laisseront pas tomber l’association. La clé n’est pourtant pas loin d’être glissée sous la porte. Céline Carrasset, qui a décidé de « restreindre encore plus les dépenses », calcule que les finances permettent de « tenir encore deux mois ». Une habitude du coup par coup que les quatre salariés de l’association ont coutume de subir. Mais si l’association jette l’éponge, aucune structure ne peut la remplacer. Hegalaldia est bien seul à assumer ses fonctions et son action rayonne même dans un périmètre qui s’étend des Landes à la Haute-Garonne. Contre cette politique peu confortable du coup par coup, une solution consisterait simplement à intégrer les actions de l’association dans les devoirs des communes. Dans le cas des animaux domestiques, chaque commune d’importance est ainsi chargée de s’occuper des animaux errants. La commune d’Ustaritz a par exemple décidé de considérer le rôle d’Hegalaldia pour la faune sauvage au même titre que celui de l’association Txakurrak qui s’occupe des animaux domestiques sur la commune. Une convention a donc été contractualisée, qui repose sur une participation financière de 20 centimes d’euro par habitant et par an. Mais Ustaritz est la seule commune à s’être engagée auprès d’Hegalaldia. Face au colossal travail de démarchage, l’association a choisi de solliciter les principales communautés de communes du département, avec des fortunes diverses. Pour celle d’Errobi, c’est niet. Pas de compétences. Celle de Sud Pays Basque a également refusé, bien que 30% des animaux soignés par l’association proviennent du vaste bassin autour de Saint-Jean-de-Luz. Hegalaldia s’interroge d’ailleurs sur son champ d’intervention et sur ses restrictions budgétaires qui pourrait l’entraîner à n’agir que sur les territoires où l’association est aidée, même si cette solution « va à l’encontre de sa philosophie », précise Céline Carrasset. En revanche, la communauté d’agglomération de Pau Pyrénées s’est engagée à soutenir l’association a hauteur de 5000 euros par an. La Cabab pour sa part a conditionné son aide aux subventions du Conseil général, et n’a donc obtenu pour l’heure qu’une demi réponse. Mais au-delà d’une simple question de comptabilité, c’est la mission d’Hegalaldia qui est soulignée. Il serait peut-être temps d’éclaircir cette sombre situation, à l’heure où l’association vise une nouvelle fonction et souhaite développer des actions de prévention. Une façon d’agir en amont pour éviter les accidents dont pâtit la faune sauvage. Une métaphore en somme. |
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