ACTUALITÉS DU PAYS BASQUESemaine du 22/02/2010 - Politique
Gerry Adams appelle le gouvernement espagnol à répondre de bonne foi à l'offre de BatasunaLe président du Sinn Féin, Gerry Adams, a lancé un appel au gouvernement espagnol pour qu'il réponde "de bonne foi" au dernier document de Batasuna (Zutik Euskal Herria) afin de "mettre un terme au conflit au Pays Basque". Dans des déclarations reproduites par l'hebdomadaire politique de son parti, An Phoblacht, Gerry Adams fait l'éloge de la résolution approuvée par les assemblées locales de la gauche indépendantiste basque.
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C'est au terme d'un long débat interne, que les militants de la gauche abertzale ont confirmé leur pari pour "un processus démocratique" ayant pour base "la négociation, l'accord politique et la participation populaire". Les militants de Batasuna, formation politique interdite depuis 2003 en Espagne, ont souligné que cette "phase politique" devait se tenir "en l'absence totale de violence", et devrait être atteinte par "des voies et des moyens exclusivement politiques et démocratiques".
Selon Gerry Adams, cette déclaration crée l'occasion "de mettre un terme au conflit au Pays Basque et d'obtenir des progrès politiques réelles".
"Je comprends qu'au cours du débat interne entre les militants basques qui s'est produit dans les derniers mois, ont participé jusqu'à 7.000 activistes. C'est une réalisation remarquable", affirme le chef des républicains nord-irlandais, selon lequel "d'autres événements récents ont montré la détermination de la part de la gauche abertzale de résoudre le conflit et d'atteindre ses droits nationaux et démocratiques par des voies pacifiques et démocratiques".
Pour l'artisan républicain des accords de paix du Vendredi Saint, les prochaines étapes -la stratégie à développer par la gauche abertzale ainsi que la réponse de l'État espagnol- "seront d'une importante cruciale". C'est pour cette raison que Gerry Adams a souhaité lancer un appel tout spécialement à l'exécutif socialiste pour qu'il ne laisse pas passer cette occasion.
"J'exhorte tout le monde, mais particulièrement le gouvernement espagnol, à examiner de près le langage, la stratégie et les orientations prises actuellement par la gauche abertzale. Il ya une réelle opportunité pour que la paix émerge et pour un changement fondamental dans la relation entre le Pays Basque et l'État espagnol. Il incombe à tous de saisir de bonne foi cette occasion et de faire tout l'effort pour mettre un terme au conflit dans cette région".
La voie irlandaise
Le processus de paix de 2006 s'est approché de cette recette, mais finalement les négociations ont été un échec. La gauche abertzale -dont la vitrine politique est interdite par les autorités espagnoles pour son refus à condamner l'activité de l'organisation armée ETA- vient d'approuver une nouvelle stratégie d'action afin d'ouvrir un nouvel espace de débat sur la question de fond : les Basques ont-ils oui ou non le droit en tant que peuple de décider de leur avenir ? Et si oui, les gouvernements de Paris et Madrid accepteraient-ils le résultat d'un éventuel référendum sur cette question ?
Alors que les indépendantistes basques ne sont pas majoritaires sur l'ensemble des sept provinces basques, ils se disent prêts à se soumettre à la décision librement exprimée de la population. Si l'on regarde de près le problème basque, on peut voir qu'il ne s'agit pas d'une question de séparatisme, mais de démocratie. |
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