ACTUALITÉS DU PAYS BASQUESemaine du 08/02/2010 - Société
Tubiana : «dans cette affaire, à l'illégalité, s'ajoute vraiment l'imbécillité »Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
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« Une débauche d'énergie pour empêcher une association d'exister », c'est ainsi que Michel Tubiana a résumé le comportement de l'Etat et des pouvoirs publics à l'encontre d'Euskal Herriko Laborantza Ganbara depuis cinq ans. La Ligue des Droits de l'Homme est « pleinement engagée dans cette affaire » a souligné mercredi son président d'honneur. Elle diligentera d'ailleurs une mission d'observation au procès en appel contre EHLG le 18 février prochain à Pau.
L'organisation voit un problème de légalité dans les attaques répétées contre Laborantza Ganbara. « Il faut dire au préfet que la liberté d'association est fondamentale, elle n'est pas susceptible d'être soumise à l'arbitraire de l'Etat », a déclaré Michel Tubiana en ajoutant que les nombreuses investigations menées jusqu'ici ont en tout cas permis de prouver qu'il n'y a rien d'illégal à EHLG. « Nous assistons à une réunion de citoyens dans une association dont l'objet ne relève pas de la puissance publique, et qui n'est pas susceptible d'être confondue avec d'autres comme l'a souligné le jugement rendu par le tribunal de Bayonne », a-t-il poursuivi.
Evoquant la probabilité que l'action des préfets soit dirigée de plus haut, le président de la LDH a estimé que « l'ordre de l'Autorité supérieure n'a jamais été une excuse si cet ordre est imbécile et illégal ». Et d'aller plus loin : « les volontés d'intimidation envers les élus, les menaces envers les uns et les autres, ne peuvent pas être faites en toute impunité même quand on est un préfet. Les fonctionnaires ne sont pas irresponsables, fussent-ils des préfets, ils doivent aussi pouvoir répondre de leurs actes devant les tribunaux ». Rester motivés Le comportement des autorités dans l'affaire EHLG rappelle à Michel Tubiana « une conception de l'Etat où la police remplit une fonction prétorienne au service de la politique de l'Etat et où la justice est son bras armé ».
Le président de la LDH n'est pas le seul à penser que « le parquet est utilisé comme une courroie de transmission du gouvernement ». Michel Bidegain, l'un des responsables de l'Association Les Amis de Laborantza Ganbara à l'origine de la parution du Livre Noir ne croit pas non plus « en l'attitude d'un préfet, aussi vindicatif et haineux soit-il, pour expliquer un tel acharnement ». Pour lui, « il y a des ministres au dessus, en particulier une ».
En tous cas, les 680 pages du livre donnent une idée de ce qu'a subi l'association de développement de l'agriculture paysanne en à peine cinq ans d'existence. « Rien que de lire la synthèse (un livret de 30 pages qui sera largement diffusé, ndlr), c'est vraiment impressionnant. Même nous, on se dit que c'est incroyable tout ce que l'on a vécu », a commenté de son côté Michel Berhocoirigoin, le président de l'association.
« Cela ne nous a pas empêché de rester motivés car il y a beaucoup de gens motivés autour de nous. Notre seul but est de promouvoir l'agriculture paysanne, un projet noble qui répond aux attentes de la société », a ajouté Maryse Cachenaut.
Les responsables de l'association ont appelé leurs sympathisants à se rendre nombreux au procès en appel le 18 février prochain à Pau. Des bus sont organisés d'une dizaine de villes du Pays Basque. |
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