ACTUALITÉS DU PAYS BASQUESemaine du 17/01/2011 - PolitiqueDes élus affirment héberger la militante de Batasuna Aurore Martin pour empêcher son extradition en EspagneUne soixantaine d´élus du Pays Basque affirment que la militante du parti indépendantiste basque Batasuna, Aurore Martin, qui se cache pour échapper à son extradition en Espagne "est hébergée dans nos maisons et appartements", ont déclaré les élus mercredi au cours d'une conférence de presse à Bayonne. Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
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Aurore Martin, 31 ans, de nationalité française, est accusée de « participation à une organisation terroriste » par l’Audience Nationale espagnole en raison de son engagement au sein du parti indépendantiste basque, autorisé en France mais interdit en Espagne pour ses liens supposés avec l'ETA.
L’ancienne dirigeante de Batasuna à Bayonne Aurore Martin, a annoncé le 20 décembre dernier son intention de « se cacher » pour échapper à la justice espagnole, après le rejet d’un pourvoi en cassation contre son extradition en Espagne où elle risque jusqu’à 12 ans de réclusion pour cette activité politique. "Ouvrir sa porte et héberger Aurore martin est un acte légitime et cohérent" ont indiqué les élus, dont une quarantaine étaient présent pour faire lecture d'une motion écrite visant à "réprouver la décision prise par la justice française à l'encontre d'Aurore Martin", indique le texte.
Les signataires de cette motion considèrent que "l'application de ce mandat et la remise qui en découle sont une atteinte aux droits civils et politiques", a affirmé l'élu du parti Abertzaleen Batasuna à Saint-jean-de-Luz, Peio Etcheverry Ainchart au cours de la conférence de presse. Les élus présents, représentant plusieurs formations politiques, dont le PS et le Modem, estiment que "Batasuna est un parti politique, avec lequel nous ne partageons pas forcément les objectifs, mais dont l'activité politique à toute sa légitimité ici en Pays Basque nord, tout comme sur l'ensemble du Pays basque." Près de 180 élus français s'étaient déjà prononcés contre l'application de ce mandat d'arrêt européen, notamment l'ensemble du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques ou encore une majorité d'élus du Conseil Régional d'Aquitaine qui avait voté une motion contre l'extradition d'Aurore martin.
Les élus s'interrogent désormais "sur ce pas franchi au moment où en Pays basque un espoir est en train de naître, au moment où batasuna affirme avec force et sans ambiguïtés sa volonté de participer à un processus démocratique qui exclut toute forme de violence de quelque partie qu'elle provienne" clame cette nouvelle motion présentée mercredi. "Nous attendons autre chose de la part du gouvernement français et l'interpellons afin qu'il change d'attitude. Paris tout comme Madrid doit s'engager dans la résolution du conflit" a indiqué Peio Etcheverry-Ainchart.
Un argument repris par le Conseiller général et maire de Saint-Pierre-d'Irube, Alain Iriart (sans étiquette) qui estime que cette mesure va à l'encontre d'un processus de paix et du sens même de la loi. "L'application du mandat d'arrêt européen à l'encontre de militants politiques change le sens de la loi qui est d'assurer les droits des citoyens et pas de les mettre en danger" a-t-il déclaré. La motion, également signée par une trentaine de personnalités du Pays Basque, précise que les signataires sont "pleinement conscients que l'hébergement d'Aurore Martin est un délit" mais ajoute qu'ils "assumeront les conséquences judiciaires qui découleraient de (cet) acte".
La motion, qui demande "à tous les citoyens d'être prêts à faire de même" sera soumise à de nouvelles signatures, ont indiqué les personnes présentes à la conférence de presse. Interrogée sur la nature de cette démarche, l'élue Europe Ecologie du Conseil Régional, Alice Leizegazahar, a reconnu qu'il s'agissait d'un geste de "résistance civile même si nous n'employons pas ce terme". |
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