KRONIKAKSemaine du 10/05/2010 - Chronique
Pour les fidèles de Bayonne, un bon Ricard vaut certainement mieux qu'un mauvais vers de latin...Par MOJOJusque dans les rangs de nos lecteurs, l'émotion était forte après la diffusion du reportage des "Infiltrés" sur l'Eglise de St Eloi et l'Institut du Bon Pasteur, dont nous soulignions le 26 avril dernier la grande facilité qu'a l'Evêque de Bayonne pour y trouver cette cave d'où retentissent les chants bien gaillards du groupuscule d'extrême droite Dies Irae.
Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
Actualités du Pays BasqueCultureChroniques
De ce lecteur qui nous fit partager son indignation devant les divers "torchons des médias", au parquet de Bordeaux qui vient d'ouvrir une enquête préliminaire pour agissements susceptibles d’incriminations pénales, le regard porté sur cette communauté de religieux et pratiquants de St Eloi se trouble face aux "convictions dissimulées et les incitations à la haine et à la violence d'un certain nombre de fidèles des courants traditionnalistes et de leurs institutions". La citation provient de l'archévêque de Bordeaux, Mgr Ricard, le 6 mai dernier, qui "prend acte de la déclaration de l'Institut du Bon Pasteur contestant tout lien avec quelque mouvance politique", tout en précisant que "cette seule déclaration ne suffit pas", commente son Conseil presbytéral. Pour le père Jacques Faucher, du diocèse de Bordeaux, "on ne peut pas jouer les vierges effarouchées, ces liens sont connus", affirme-t-il dès le 5 mai. "Quand on dit que ce n'est pas qu'une question de messe en latin, tout le monde vous tombe dessus en vous traitant d'intolérant. Je suis bien content que ça éclate au grand jour", conclut-il. Il n'est donc pas question ici de viser "une nouvelle fois l'Eglise et son Pasteur", comme gronde notre lecteur, mais bien de rappeler que l'Eglise de St Eloi n'a pas tant été instituée par le Pape lui-même en 2006, que "imposée par Rome", comme le rappelle aujourd'hui le père Hugues Walser : à l'époque, il choisit de démissionner du Conseil presbytéral lors de l'arrivée des prêtres et autres séminaristes du courant Lefebvriste, alors exclus de l'Eglise. L'invitation faite à Mgr Aillet d'en ordonner de nouveaux prêtres en janvier dernier aurait sans doute été accueillie différemment par de nombreux écclesiastes. A Bordeaux, par exemple, 71 autres laïcs, prêtres et religieux ont demandé à l'archévêque de Bordeaux de ne pas venir bénir la procession du Saint-Sacrement organisée par l'institut du Bon Pasteur le 6 juin prochain. Mgr Ricard a depuis rappelé à St Eloi que l'Eglise diocésaine se donnait 5 ans, "à titre expérimental", pour arriver à une communion des deux fraternités. Nous vous raconterons, bien entendu... |
PublicitéPublicité |