IRITZIAK
Semaine du 21/02/2011
- Chronique
Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus
Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.
Chroniques
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Pas vu, pas pris
Le Conseil Départemental de l'Education Nationale (CDEN) s'est penché le 25 janvier dernier sur les subventions du Conseil général aux collèges de l'enseignement privé. Les syndicats enseignants ont vivement critiqué cette manne publique pour le privé. C'est une tradition.
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Pas vu, pas pris
Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.
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J'me comprends
"L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).
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J'me comprends
"[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit :
1) Répertorier les ressources planétaires.
2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.).
3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits.
4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits.
5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]"
[source : wikipedia].
On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.
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Chronique
Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.
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Insolite
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Fenêtre sur Cour
Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.
Performances insécuritaires Toulouse, 17 février. Devant le Tribunal de Grande Instance une foule bon-enfant est venue soutenir Léa et Tom dans leur procès en appel contre la DDT. En cause : quelques mètres carrés de trop qui auraient dû entraîner la demande d'un permis de construire. En jeu : la liberté pour des milliers de personnes de choisir un habitat autre, léger, mobile -camion, yourte, cabane- qui échappe par là aux règles et taxes immobilières.
Il y a là des voisins ariégeois du couple, toutes générations confondues, des représentants du DAL, des hommes et des femmes vivants dans ces habitats alternatifs que la loi Loppsi 2 dans son article 32 tend à pourchasser. L'audience a lieu à 14 heures. Sur la place des Salins, un tipi a été dressé autour duquel courent des enfants. Suspendus aux arbres, des slogans rappellent l'aspect liberticide de cette loi dont l'acronyme évoque les « performances sécuritaires ». Performances auxquelles les maires devraient participer : s'ils ne dénoncent pas les horribles voyous en camion ou en caravane sis dans leur commune, il leur en coûtera 3700 euros.
Le soleil n'est pas de la partie mais l'ambiance est détendue. Au mégaphone, un militant associatif rappelle l'aspect public de l'audience qu'un cordon de CRS, placé derrière la grille du palais, rend évidemment privée. Cette foule pour le moins pacifique attend patiemment depuis une heure et demie quand soudain, sans mobile apparent, les forces de l'ordre refluent vers le portillon, sortent sur le trottoir et chargent. Les coups de matraque pleuvent, des bombes lacrymogènes sont lancées, la foule recule dans un mouvement panique. Démonstration inepte de force qui en rappelle d'autres, l'été dernier : hélas ces privilégiés qui passent l'hiver ariégeois en caravane, en yourte ou en camion, ne sont pas des Roms, on leur donnerait bien quelques centaines d'euros pour les renvoyer à Sofia ou à Bucarest mais ils sont à côté, à Foix, à St Girons... ce serait les inciter à revenir, leur payer quelques aller-retour.
La délation était encore il y a peu, un déshonneur. C'est désormais une compétence, un savoir-faire. Quelle promotion.

Mais revenons au procès. L'avocate de Léa et Tom plaide justement la cause de la yourte, habitat léger qu'on ne saurait confondre avec un bâti, un bâtiment. La preuve en est, l'outil même utilisé par l'huissier de la DDT, un mètre-laser, ne reconnaît pas le tissu de la yourte comme une paroi, un mur. Il ne reconnaît pas dans cette rotondité de tissu, la raideur immobilière attendue. Plus tard, Noël Mamère soulève les problèmes de fond que cette affaire met à jour, ceux du logement en temps de crise et en particulier de l'habitat rural, du partage de l'agriculture et du tourisme en zone « sinistrée », problématique récurrente dans toutes les Pyrénées, de la Catalogne au Pays basque.
Le procureur, lui, enfonce le maire d'Arrout qui a osé soutenir les renégats Léa et Tom, arguant de l'incompétence d'élus d'aussi petits villages ; c'est que les maires allez savoir, mêmes dirigés par un élu UMP, auraient peut-être leur mot à dire quant à l'application réelle de la loi Loppsi 2 : et si on ne pouvait pas compter sur eux pour dénoncer les tire-au-flanc qui veulent échapper à l'impôt... C'est que certains rechignent à considérer la délation comme une compétence territoriale, ce sont des fonctionnaires retors attachés sans doute à certains idéaux républicains, citoyens... mais pas de gros mots.

Perspectives Au bout de deux heures trente, l'audience est levée. Le délibéré est remis au 19 mai. On ne peut s'empêcher alors de songer au procès de Laborantza Ganbara. Comment l'Etat va-t-il s'en sortir ? Alors que les décrets de Loppsi 2 attendent, il ne faudrait tout de même pas que la justice, encore elle, crée une jurisprudence « pro-yourte », qui ridiculiserait plus encore ce gouvernement. Alors quoi ? Un non-lieu, fondé sur une erreur de procédure, qui apaiserait les tensions sans pour autant remettre en question la philosophie générale de traque des plus précaires ? En attendant ce nouveau rendez-vous de mai à Toulouse -où le Pays basque devrait être davantage représenté-, on peut se rendre sur le site de l'Halem pour soutenir la cause de Léa et Tom ou sur les sites ci-dessous qui rendent assez compte de la violence mise en œuvre.
Ce qui est sûr, c'est qu'il sera passionnant de découvrir sur quel mode les événements vont se poursuivre : à coups de bombes, de décrets, d'amendes ou si l'on poussera le ridicule jusqu'à détruire la yourte honnie... J'ai de l'espoir cependant sur ce dernier point ; l'ariégeois me paraît avoir la tête aussi dure que le breton, le basque ou le paysan du Larzac.
La police travaille au procès de Tom et Léa
Edition du 19/20 de France3 midi pyrénées
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