EH-KO AKTUALITATEASemaine du 31/05/2010 - Politique
Hold up à la démocratieLe débat autour de la réforme des collectivités aura été un vrai hold up à la démocratie. Certes, des économies seront faites avec la réduction du nombre des élus, puisque les 6000 conseillers généraux et régionaux actuels seront remplacés par 3 471 conseillers territoriaux en 2014. Le mille feuilles français sera également réduit, puisque les départements, tels que nous les connaissont, disparaîtront à partir de 2014, pour conforter les régions. Mais derrière ce grand écran de fumée, les grands partis dominants (UMP, PS) ont obtenu ce qu’ils recherchaient : imposer le bipartisme.
Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
Actualités du Pays BasqueCultureChroniques
Si jusqu’à présent les conseillers généraux étaient élus par canton avec un scrutin uninominal à deux tours, les conseillers régionaux étaient, eux, élus sur la base de listes départementales avec un système proportionnel à deux tours. A partir de 2014, les conseillers territoriaux seront en revanche élus par des scrutins uninominaux à deux tours, système qui est toujours à l’avantage des grands partis. Pour éviter l’entrée d’autres partis périphériques par des triangulaires, le taux de passage au second tour a été fixé à 12, 5% des inscrits rendant difficile la tenue des triangulaires et éliminant de fait toute voix discordante.
Un petit calcul rapide permet en effet de comprendre que si le taux de participation s’élève à 50% (ce qui fut le cas lors des dernières élections régionales), le score nécessaire pour se qualifier au second tour grimpe à 25% puisque la moitié des inscrits ne participe pas. 25%, c’est-à-dire une performance impossible pour qui ne bénéficie pas des clientèles et des moyens publicitaires de l’UMP et du PS.
L'UMP se débarrasse ainsi du centrisme qui pourrait le gêner ici et là. Pour sa part le PS qui se dit contre ce mode de scrutin, est bien content que des partis comme les Verts, le Front de gauche ou le NPA ne viennent contester leur suprématie au sein de la famille de gauche.
Ce système est à l’opposé du système d’Hont, scrutin proportionnel plurinomminal qui se pratique chez nos voisins du sud. A un seul tour si l’on obtient 30% des voix aux élections, on a 30% des élus, et la majorité se compose en obtenant plus de 50% des voix ou en construisant des coalitions pour avoir une majorité. Un mode de scrutin bien plus démocratique que les élections à la française. Ce nouveau système est une reculade de plus, « un attentat contre la démocratie » comme le disait un confrère parisien.
La réduction des élus affaiblira la représentation des électeurs ainsi que la proximité des élus et l’efficacité de leur travail. Si Pau était loin de Bayonne, que dire de Bordeaux dont les élus régionaux autres que basques ont une méconnaissance totale du Pays Basque. Une assemblée régionale où le poids des élus basques n’est que figuratif.
Il reste également à voir les futurs découpages des conseillers territoriaux. Les zones rurales risquent d’être les grandes perdantes de ce nouveau redécoupage. Si aujourd’hui le canton de Tardets et le canton de Hendaye ont un élu chacun, la population du deuxième étant dix fois supérieure, le futur redécoupage risque de se faire au dépend du premier.
|
PublicitéPublicité |