EH-KO AKTUALITATEASemaine du 07/02/2011 - SociétéL’Atalante cherche un Autre cinémaUne nouvelle salle de cinéma de 300 places et une taverne accolée aux deux salles existantes en bordure de l’Adour, c’est le scénario idéal qui sommeille depuis deux ans dans les projets de l’adjoint à la culture de Bayonne, Jean-René Etchegaray et au sein du Conseil d’Administration de l’association Art et cultures qui gère l’actuelle structure éclatée sur deux sites, l’Atalante et l’Autre Cinéma. Un espoir de regroupement révélé ce lundi par le site EiTB.com à l’occasion de la visite, jeudi, dans le cinéma Art et Essai de Saint-Esprit, du président de la Région Alain Rousset, auquel a été exposé le projet. Dans la foulée d’un partenariat renforcé entre le cinéma bayonnais et la Région, Alain Rousset s’est, selon EiTB, dit favorable au financement d’un tel projet, plus rationnel en termes de coût d’exploitation. Un positionnement de la Région qui encourage les porteurs de ce projet, municipalité et association, parvenus à un seuil critique de leur entreprise. Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
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Pour la mairie, l’enjeu est d’abord de requalifier un quartier en devenir en augmentant le potentiel du cinéma et en profitant de l’aubaine de l’actuelle salle de l’Atalante, bientôt centenaire, pour pallier le manque criant d’équipements culturels. Une jauge de 200 places qui pourrait profiter aux artistes de tous poils comme aux associations, à des résidences ou à des spectacles dont l’intimité interdit pour l’heure l’entrée du théâtre. Un lieu artistique propre à créer une synergie avec l’Autre cinéma, notamment lors du festival Rencontres sur les docks organisé en avril. C’est en tout cas le destin qui se mijote idéalement pour ce lieu emblématique, dans un contexte économique menaçant et sans qu’aucune faisabilité n’ait été démontrée, ni budgétisée.
Si le maire de Bayonne, Jean Grenet, cité par le quotidien Sud-Ouest, a glissé il y a peu l’éventualité de nouvelles ambitions pour le cinéma Art et Essai, le projet est en revanche moins abouti qu’il y a quelques années, lorsque l’Assemblée générale de l’association avait voté l’abandon de l’unique salle de l’Atalante pour investir un trois salles flambant neuf sur le site des abattoirs. Mais une étape importante doit avoir lieu ce mercredi, avec la rencontre entre l’adjoint à la culture, Jean-René Etchegaray et le propriétaire du vaste local situé contre l’Autre Cinéma, en vue d’une ultime négociation. Le projet ne pourra démarrer qu’avec l’achat de cet ancien garage à moto, point de départ d’une table de travail.
Une négociation qui sera naturellement suivie de près par le Conseil d’administration de l’Association Art et cultures, avec en prime l’espoir d’une porte de salut. Car si le cinéma bayonnais est aujourd’hui en excellente santé, affichant une fréquentation annuelle de près de 100.000 places, son avenir pourrait être plus sombre. C’est en tout cas « la conviction » de Jean-Pierre Saint-Picq, président de l’association, qui estime que cette gestion éclatée n’est « pas viable à long terme ». En cause, les réductions annoncées de subventions culturelles et la diminution effective du soutien de l’Etat dans les contrats aidés.
L’association emploie aujourd’hui 12 salariés à temps plein, dont quatre en Contrats aidés, financés à hauteur de 95% par l’État pour une durée d’une année renouvelable. Pour pérenniser ces quatre emplois, il faudra débourser, dès l’année 2012, 72.000 euros par an. Ou avoir recours au nouveau dispositif d’emplois aidés, à seulement 70% pour une durée de travail plafonnée à 20h selon les clauses de la loi. Soit huit salariés supplémentaires, pour répondre aux mêmes besoins et sur une durée légale de six mois seulement. Un surcoût certain pour l’association qui ne peut, en contrepartie, espérer d’augmentation de subventions.
Une passe délicate dont d’autres cinémas ne sont pas sortis, à l’exemple de la Société Diagonale qui gérait à Montpellier trois sites distincts et a du fermer boutique. Jean-Pierre Saint-Picq espère trouver le salut de l’association dans le regroupement de salles et permettre ainsi de faire fonctionner le cinéma avec « moins de salariés ». Selon le site EiTB, il aurait estimé qu’ « avec un seul site, il en suffirait de 8 ».
Mais avant que le projet ne se concrétise ou qu’il soit soumis au vote des adhérents, reste une importante condition à l’aboutissement de cette ébauche. Dans le climat de récession budgétaire qui entoure les dossiers culturels bayonnais, la partie du cinéma est loin d’être gagnée. |
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