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Semaine du 17/01/2011  - Politique
arrestations-ETA

Un cessez-le-feu unilatéral

Rédaction -k idatzia

Le moins que l’on puisse dire est que le cessez-le-feu annoncé lundi 10 janvier par l’ETA est effectivement unilatéral. Accueillie froidement par le gouvernement espagnol, cette déclaration semble même inspirer à Madrid un regain répressif. En huit jours, 14 personnes ont été arrêtées dans le cadre de la lutte contre l’ETA. Des arrestations qui pourraient tomber sous le sens d’une logique policière toujours effective, si elles ne dénotaient à l’inverse une urgence politique dans une communication à marche forcée. Cette intention transparaît dans le décalage saisissant entre les effets d’annonce espagnols et la réalité juridique des personnes arrêtées sur le territoire français.

Ils soutiennent PBI

Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.


Remarquables sons de cloches qui, dans une dissonance entre la cour d’appel de Pau, chargée d’examiner les mandats d’arrêt européens, et l’Audience Nationale espagnole, qui les rédige, jouent la mélodie clinquante d’une partition mêlant allegro policier et moderato judiciaire. Un air de déjà entendu, lorsque la communication est orchestrée par Madrid. Les médias madrilènes étaient ainsi copieusement informés. De sources policières espagnoles, deux dirigeants de l’ETA auraient été arrêtés, à Bayonne et à Ciboure. Le premier a été remis en liberté mardi, sous contrôle judiciaire, par la cour d’appel de Pau, le jour de son arrestation. Le second est resté en détention dans l’attente d’un jugement sur sa remise à l’Espagne mais même le parquet de Pau trouve cette mesure, bien que nécessaire, « disproportionnée sur le plan humain », selon les déclarations du procureur. Cherchons l’erreur.

Le lendemain de l’annonce par l’ETA d’un cessez-le-feu « permanent » et « vérifiable », Iraitz Guesalaga est arrêté à son domicile de Ciboure, en même temps que sa compagne à Zarautz. Une coopération policière parfaite, synchronisée des deux côtés de la Bidassoa. Côté espagnol, la garde-à-vue tourne court et l’amie d’Iraitz Guesalaga est remise en liberté. Côté français, la garde-à-vue se prolonge, en vertu des dispositions anti-terroristes permettant de la porter à 96h. L’arrestation a eu lieu sous commission rogatoire de la juge anti-terroriste Laurence Le Vert. Iraitz Guesalaga est accusé par le juge de l’Audience Nationale espagnole, Fernando Grande-Marlaska, d’être un « dirigeant » de l’ETA, chargé du cryptage informatique. Il affirme l’avoir confondu grâce à un document saisi dans l’ordinateur d’un autre dirigeant présumé de l’ETA arrêté le 20 mai 2008 à Bordeaux dans le cadre d’une opération menée également par la Division nationale anti-terroriste de Paris. Autant dire que la juge Le Vert possède, en première main, tous les éléments pour écrouer ce « dirigeant » présumé de l’ETA. Il n’en est rien.

La justice française, qui est censée avoir transmis les preuves de la culpabilité d’Iraitz Guesalaga à Madrid, n’a aucune accusation à formuler contre ce jeune homme. Au lieu de le présenter à un juge anti-terroriste et de procéder à sa mise en examen à Paris, Iraitz Guesalaga est sous le coup d’un Mandat d’arrêt européen formulé par l’Espagne. La cour d’appel de Pau reconnaissait lundi qu’il ne faisait l’objet d’aucune poursuite sur le territoire français et qu’il réunissait même toutes les garanties d’une remise en liberté face à la justice française “mais pas face à la justice espagnole” aexpliquait le Parquet. C’est pour cette seule raison que la liberté a finalement été refusée, le prévenu ayant affirmé qu’il ne souhaitait pas être remis à l’Espagne.

Une procédure plus que légère qui rend invraisemblable l’accusation de « dirigeant » de l’ETA. L’examen de son mandat d’arrêt aura lieu mardi prochain à Pau, en même temps que celui de deux autres militants basques, arrêtés ce mardi dans une rue de Bayonne par la police française. Aiala Zaldibar Alvarado est recherchée pour sa participation publique à la gauche indépendantiste, interdite en Espagne pour ses liens supposés avec l'ETA. Igor Uriarte López est accusé par l'Espagne d'être un dirigeant de Ekin, l'appareil politique de l'ETA. La justice française les a laissés libres sous contrôle judiciaire. De quoi relativiser une fois de plus les accusations espagnoles.

Toute cette agitation est d’autant plus suspecte, dans l’après cessez-le-feu de l’ETA, qu’elle prend la forme d’un tourbillon médiatique dont le centre est à Madrid. Les médias espagnols étaient au courant des arrestations de Bayonne et de Ciboure bien avant les médias locaux. Et s’ils sont si bien informés, ce n’est certainement pas dans une perspective désintéressée. Tout participe à combler cette mise au vert annoncée de l’ETA, par des images de guerre. Une façon d’appuyer les propos du gouvernement espagnol qui refuse toute négociation avec l’ETA. Et de confirmer qu’il s’agit bien d’un cessez-le-feu « unilatéral ».


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