EH-KO AKTUALITATEASemaine du 10/01/2011 - Politique
"Gora ETA !"L'ETA annonce un cessez le feu "permanent" et "vérifiable"Le gouvernement espagnol fera certainement encore la fine bouche, en réclamant la dissolution de l’ETA. Pour autant, la société basque ne se trompera pas. Le communiqué de l’organisation clandestine, adressé lundi 10 janvier au journal Gara, marque bien la fin de la stratégie armée de l’organisation au terme d’un long cheminement. L’ETA annonce un cessez le feu "permanent", "général" et "vérifiable" et un "engagement ferme" pour renoncer à "la confrontation armée". C’est même un peu mieux que ce qui lui était demandé avec impatience. Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
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Le dimanche 5 septembre 2010, l’ETA avait déjà annoncé sa volonté de « ne plus mener d’actions armées ». Une mesure jugée insuffisante, par le gouvernement espagnol qui réclamait « la fin définitive de la violence », comme par les signataires de la Déclaration de Bruxelles, document adopté le 30 mars 2010 par une vingtaine de personnalités internationales dont quatre prix Nobel de la Paix, pour demander à l’ETA de mettre en place un cessez-le-feu “permanent” et “vérifiable”. Une requête appuyée en septembre dernier par vingt-trois organisations sociales basques et cinq mouvements politiques, dont la gauche abertzale indépendantiste interdite par les autorités espagnoles. A Gernika, ces organisations réclamaient alors à l’ETA un "accord pour un scénario de paix" comportant en préalable "un cessez-le-feu permanent, unilatéral et vérifiable par la communauté internationale". C’est désormais chose faite, avec en prime, un "engagement ferme" pour renoncer à "la confrontation armée". Cette nouvelle annonce de l’ETA a l’avantage de répondre aux conditions d’une trêve vérifiable par la communauté internationale. Selon les termes de la déclaration de Bruxelles, ce geste doit désormais trouver une réponse “conséquente” de la part du gouvernement espagnol. Mais ce n’est pas tant ce geste, plus qu’incertain, qui est désormais espéré. En remplissant sa part d’engagements, l’ETA invite donc les signataires de la déclaration de Bruxelles à s’impliquer davantage dans le processus de paix, et à intervenir auprès de l’autre partie de ce conflit.
L'organisation armée ne dit pas autre chose en affirmant dans son communiqué adhérer aux accords de Bruxelles. Et de désigner déjà la contre partie : que les autorités françaises et espagnoles "abandonnent pour toujours les moyens répressifs et la négation du Pays Basque".
Une façon commode de maintenir un conflit, militairement peu éprouvant, qui cautionne les interdictions de partis et permet notamment de maintenir dans la communauté autonome basque un pouvoir artificiel. A quelques semaines des élections municipales, l’annonce de l’ETA marque bien le passage d’un conflit armé vers un conflit purement politique. L'ETA, qui n’a pas réalisé d’attentats depuis plus d’un an, entend poursuivre cette mutation en affirmant vouloir « amener jusqu'au bout le processus démocratique, jusqu'à aboutir à une vraie situation démocratique au Pays Basque ».
Pour ce faire, explique l’ETA, « le processus démocratique doit dépasser tout type de négation et de violation des droits et doit résoudre le problème du territoire et de l'autodétermination, qui sont le noeud du conflit basque. » Le processus doit également dépasser la tentation d’un retour aux armes, comme ce fut le cas lors du précédent « cessez-le-feu permanent ». Mais sous la double volonté de personnalités internationales et de la base indépendantiste basque, il semble que la stratégie armée appartienne désormais au passé. L’organisation militaire est morte. "Gora ETA !" L'annonce intégrale du cessez-le-feu de l'ETA en vidéo, et en euskara :
Vers une paix irréversible |
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