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EH-KO AKTUALITATEA

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Semaine du 27/12/2010  - Société

L’Evêque de Bayonne repart en croisade bisbilles en tête

Rédaction -k idatzia

L'Évêque de Bayonne n'a pas hésité à revêtir les habits du Père fouettard en cette veille de Noël, en distillant un message épiscopal propre à vous faire lever de table du Réveillon pour vérifier que la porte d'entrée est bien fermée.

 Comme d'ordinaire, ses sacro-saintes thématiques y apparaissent, précédées d'une croix brandie devant l'abomination, et suivies, cette fois-ci, d'un "grand cri de douleur qui s'élèvera vers le Ciel".

Ils soutiennent PBI

Chroniques

  1. Les syndicats enseignants jettent le bébé avec l'eau du bain

    Pas vu, pas pris

    Le Conseil Départemental de l'Education Nationale (CDEN) s'est penché le 25 janvier dernier sur les subventions du Conseil général aux collèges de l'enseignement privé. Les syndicats enseignants ont vivement critiqué cette manne publique pour le privé. C'est une tradition.

  2. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  3. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  4. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  5. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  6. Les Béarnais moyennement plus riches que les Basques

    Insolite

  7. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.

 

La forme est connue, articulée autour d'un pot-pourri d'amalgames où sont voués au bûcher la liberté des femmes à disposer de leurs corps, l'évolution laïque de nos sociétés, les médias, et globalement tout ce qui ne correspond pas aux destinataires de son message, "à nous chrétiens", qu'il invite à rejoindre dans une Église fortifiée et repliée sur elle-même.

 

Des propos "bouleversés" de Benoit XVI, il n'en est pas fait allusion dans l’intervention épistolaire de Marc Aillet, quand le souverain pontife évoqua pourtant dans ses vœux de Noël "le visage de l'Église couvert de poussière" par la "dimension inimaginable" du scandale des prêtres pédophiles "qui transforment le sacerdoce en son contraire", après que des centaines de plaintes aient été déposés en Irlande, en Allemagne, aux Etats Unis lors de cette année 2010.

 Non. 

L'Évêque de Bayonne estime avoir des leçons à donner au monde, le Sauveur pour la planète et Marc Aillet pour la capitale labourdine et ses domaines d'influences.

 Dans ce prêchi-prêcha qui fait la marque céleste de Monseigneur, les approximations ne sont pas en odeur de sainteté et chaque mot est bien entendu pesé, soupesé et béni avant d'enflammer la toile Internet.

 

« Cachez-moi cet avortement que je ne saurai voir »
La diatribe anti-avortement, portée à bout de crucifix par la minorité traditionaliste de l'Église au sein de laquelle l'évêque ne se cache plus, s'accompagne aujourd'hui de la dénonciation de la démocratie ("le pouvoir exorbitant des politiques") et de la recherche scientifique, coalisées contre "le droit inviolable de la vie". 

Mais ce serait également en raison de "difficultés sociales inextricables et sous la pression d’une société à dominante masculine" (?) que "des mamans se verront forcées de mettre fin à leur grossesse", estime notre Monseigneur.

 Sera donc passé sous silence, outre le débat sur la liberté des femmes à disposer de leurs corps, que l’avortement n'a rien de conjoncturel, mais qu’il est un élément structurel de cette société dont une partie recroquevillée de l'Eglise ne veut pas voir l'évolution.

 

Il est pourtant admis aujourd'hui qu'environ 60% des femmes qui avortent attribuent leur grossesse non désirée à un échec d'un des moyens contraceptifs conseillés, ou à l'absence pure et simple de protection (pilule, préservatif, stérilet). 

Pour les autres cas de figure, les principales raisons de demande d'IVG sont liées au partenaire (30%), aux difficultés économiques (20%) ou à une incidence non souhaitée sur un cursus de scolarisation, de formation ou de parcours professionnel.

 L'âge de la femme ou d'éventuels problèmes de santé sont évoqués également dans 30% des cas, les violences sexuelles subies représentant un taux estimé à 1%.

 

Les médias, dans la mi(t)re de l'éveque
Des brebis perdues ou égarées au lait de brebis, et donc au monde paysan, il n'y a là qu'un saut de grenouille de bénitier, auquel ne nous avait pas encore habitué Monseigneur. 

Ainsi donc, ce serait "dans l’indifférence des medias" que 800 paysans se seraient suicidés pour la seule année 2009, tonne-t-il. 

Sauf que ce n'est pas dans son calice que l'évêque de Bayonne a trouvé la dimension de cette tragédie, mais dans un sujet du Figaro du 27 avril dernier, pas franchement le média le plus invisible de la presse française.

 Dans cet article, le chiffre de 400 est décrit comme "plus réaliste", et surtout il est fait mention de toute une série de mesures de prévention que l'État a confié à la Mutualité sociale agricole (MSA), de la "mise en place de groupes de prévention pour accueillir et écouter les personnes confrontées à ce problème" ainsi que de numéros verts d'assistance.

 

Que fait l’ONU pour les chrétiens ?
Ce serait "au nom de la religion", lit-on sous la plume de Marc Aillet que, le 31 octobre dernier, une prise d'otage par 5 membres d’Al-Qaida dans une église chrétienne de Bagdad se solda par la mort de 52 personnes. 

"Les chrétiens du Moyen Orient, lâchement abandonnés par l’Occcident, comme ceux qui ont été assassinés en Irak ces dernières semaines", écrit-il, sans toutefois apporter quelques lumières à ce drame.

 Le contexte, certes, est connu, et révoltant : au Moyen Orient ou en Asie, la communauté chrétienne est sous la pression d'intégristes religieux, face auxquels tout amalgame avec la communauté musulmane doit être écarté sans ménagement.

 Mais si la branche irakienne d'Al-Qaida a effectivement déclaré que les chrétiens constituent "des cibles légitimes" (comme les policiers irakiens, les journalistes ou tout ce qui leur passe dans leurs cerveaux noirâtres), les 120 otages n'ont pas été assassinés ou exécutés pour ce qu'ils étaient ou représentaient. 

La responsabilité de ce bain de sang en revient plus définitivement à l'assaut donné par la police irakienne, qualifié de "extrêmement difficile" du fait que les ravisseurs étaient mêlés aux fidèles. 

"En raison d'un manque de professionnalisme, et d'une action menée à la hâte par les forces de sécurité pour libérer les otages, de nombreux innocents ont péri", a déploré un député chrétien, renforçant les déclarations anonymes d'un membre de la police fédérale ne souhaitant pas être identifié.

 

Quand les chrétiens ne doivent pas vivre comme "des païens"
Ce déroulement "à la Beslan" a nourri de nombreuses réunions au Vatican en novembre dernier, où certains "axes" de communication ont été déterminés.

 Défendre le droit à l'existence des chrétiens d'Orient reviendrait à contester le monopole d'une religion unique de plus en plus intolérante, l'islam, quand l'Occident serait gangréné par trois pestes, le pluralisme, la tolérance et la laïcité.

 En équilibre précaire mais volontaire entre ces deux pôles, le Saint-Siège a entrepris de ne pas rester inactif vis à vis de ce "Yalta" cultuel. 

Sans complaisance ni faiblesse.

 

Opposer les Dieux des uns et des autres, voire l'absence de Dieu pour certains, est donc une croisade qui a repris du poil de la bête avec les propos de Benoit XVI, le 16 décembre dernier, qui a demandé aux fidèles de se prémunir d'une "christianophobie" croissante en Europe.

 Son fidèle berger aura emprunté pieusement ce chemin tortueux, décrivant un seul Dieu, "pas un Dieu lointain, comme le Dieu des païens".

 Ce terme, "païen", fait un retour très commenté et pas du tout innocent au sein de l'Eglise, opposant vivement les plus traditionalistes qui souhaitent les écarter et "s'attacher radicalement au Christ" aux tenants d'une pratique religieuse plus ouverte où les laïcs ont également leurs places.

 Un débat en cours que PBI n'a ni l'intention ni la prétention de nourrir, mais sur lequel l'Evêque de Bayonne n'entend pas non plus baisser le goupillon, à l'évidence.


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