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Semaine du 13/12/2010  - Politique
Pays_basque_info

Wikileaks : la question basque dans la diplomatie

Rédaction -k idatzia
Si la question basque est volontairement tenue à l’écart de la politique française, comme le confirme l’ambassade des Etats Unis à Paris en novembre 2006, elle est en revanche, à Madrid, plus qu’une problématique cruciale de société, un enjeu électoral. C’est ce qui ressort de l’analyse des premiers câbles de la diplomatie américaine diffusés chaque jour par le site Wikileaks, qui soulignent efficacement la stratégie du gouvernement espagnol dans ces rapports avec les autonomies, comme la Catalogne et Euskadi, et surtout avec l’ETA.

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Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.


On savait déjà que l’ETA était, directement ou indirectement, la clé des victoires ou des défaites des gouvernements espagnols successifs : élimination physique de Carrero Blanco en 1973, successeur désigné de Franco ; défaite de Felipe Gonzales en 1996, après quatre mandats et un règne entaché du « terrorisme d’État » du Gal et de nombreux attentats de l’ETA ; élection de Jose Maria Aznar sur un programme qui fait la part belle à la lutte contre l’ETA et, après deux mandats, défaite électorale au profit de José Luis Rodríguez Zapatero pour avoir voulu faire croire aux espagnols que l’attentat sanglant de la Gare Atocha, le 11 mars 2004, était perpétré par le groupe armé basque.

C’est à la lumière de ces évènements que l’on peut comprendre les bouleversements au sein du gouvernement espagnol en 2006, peu de temps après l’annonce d’un cessez le feu de l’ETA et le début d’un processus de paix. L’ambassadeur des États Unis, Eduardo Aguirre, en poste à Madrid de 2005 à 2009, s’intéresse de près aux réactions du gouvernement espagnol face à cet événement. Et pas seulement parce qu’il a un nom basque. Ses analyses, nourries de rencontres avec des responsables des différents partis politiques et du gouvernement, brossent le portrait d’un Zapatero qui se révèle fin stratège, contre toute attente.

Il explique ainsi à sa hiérarchie en 2006 que les remaniements du ministère de l’intérieur et de la défense ont pour but d’appuyer la politique de Zapatero envers ETA. « Rubalcaba et Alonso vont porter la stratégie de Zapatero sur l’ETA » explique Eduardo Aguirre qui y voit même « deux personnages clé pour cette question ». Une stratégie qui, selon l’ambassadeur américain, n’a pas pour premier dessein d’arriver à des accords de paix. Pour cet américain d’origine cubaine, il s’agit d’ « une stratégie qui a pour but, sans aucun doute, de gagner les élections » de 2008. Dans le même câble, il commente : « les observateurs politiques étaient étonnés que Zapatero fasse des changements dans un secret complet. Clairement il utilise ce changement pour profiter de récentes victoires ce qui a consolidé son contrôle sur le gouvernement et le parti socialiste. »

Quelques semaines plus tard, dans une autre communication à la diplomatie américaine, il indique qu’Aznar qualifie Zapatero de « faible », mais l’ambassadeur reconnaît que le chef du gouvernement espagnol s’est « bien organisé pour isoler un parti d’opposition plus expérimenté politiquement ». Et d’ajouter : « si Zapatero parvient à maintenir les discussions ou à obtenir la paix d’ici les élections de 2008, il est sûr de les remporter. »

La question basque comme enjeu électoral prend aussi des formes qui déplaisent à la diplomatie américaine. Ainsi, toujours en 2006, l’ambassadeur américain rend compte du remplacement du procureur général de la cour nationale espagnole, Eduardo Fungairino, par l’avocat général Candido Conde Pumpido. La version officielle a retenu qu’Eduardo Fungairino payait ainsi une défaillance en matière de lutte anti-terroriste, suite à la libération jugée prématurée de membres présumées d’Al Qaeda. Le procureur général est accusé par le gouvernement socialiste d’avoir écarté ses collègues pour s’arroger le monopole des relations anti-terroristes avec l’Europe et les Etats-Unis. La version de l’ambassadeur des Etats-Unis est toute autre : il y voit plutôt un prétexte pour écarter un procureur hostile aux discussions entre le gouvernement espagnol et l’ETA.

Une version en son temps défendue par le quotidien El Mundo, proche de la droite espagnole. A l’inverse, Eduardo Aguirre écrit que « El Pais a servi de plateforme pour la version de Conde Pumpido sur les évènements ». Le quotidien proche du Parti socialiste espagnol, choisi par Wikileaks pour diffuser ces câbles diplomatiques, ne s’est pas vanté d’y figurer ainsi en posture si peu élogieuse. Car l’ambassadeur américain est formel : « ce sont des différences personnelles et politiques avec Conde Pumpido qui sont la cause principale du renvoi d’Eduardo Fungairino », explique t-il, après avoir démonté les arguments officiels. Un renvoi que les Etats-Unis déplorent d’autant plus, qu’il « met à mal la coopération judiciaire des Etats unis et de l’Espagne au moins sur le court terme. » Eduardo Fungairino était en effet apprécié des Etats-Unis pour ses compétences juridiques en matière de collaboration anti-terroriste.

De nombreux autres câbles sont désormais disponibles sur Internet, concernant l’enjeu du Pays Basque pour la politique espagnole, depuis les propos de Rubalcaba dans les salons feutrés de l’ambassade, où il regrette notamment de ne pas avoir libéré plus tôt le militant de l’ETA Iñaki de Juana Chaos, dont la grève de la faim a été largement médiatisée, jusqu’aux manœuvres populistes de Jose Maria Aznar, brandissant le spectre d’une balkanisation de l’Espagne pour mieux contraindre le gouvernement socialiste à rejeter toute autonomie supplémentaire, en Catalogne et au Pays Basque.

 


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