Semaine du 21/12/2009 - Miguel nous tuera tousLe pays basque en 21 cocottes sauvages
Avertissement : Je place ces expériences improbables sous l'œil bienveillant du plus savant, du plus loufoque des basques, Miguel de Unamuno. Que le sentiment tragique de la vie qui habite profondément les cocottes en papier, inonde ces fragiles feuillets. Puisse la science, à défaut de Dieu, reconnaître à travers ces caquètements insanes, les pondeuses des glousses, les cocottes fécondes des vieilles poules. La réalité dite tangible ou ce qu'on nomme tel, ne sera pas ici un critère retenu, étant par nature trop instable. En cocotologie, elle est la première écartée. Traitée comme quantité négligeable, la voici ramenée à son véritable niveau. Et nous, avec. Rien n'existe, fors la cocotte.Quant au pays basque dont il est fait état ici, il n’existe pas davantage ; c’est un territoire de rêve, purement fantasmatique sur lequel je place au gré de mes amours ces cocottes menues. Et hop! deux demi-cocottes pour la côte de canard du Bar du marché à Bayonne, et quarante-quatre pour la vallée du Baztan, et une poignée de cocottes-nymphettes jetées nonchalamment de la passerelle d'Olzarte. Enfin un ouvrage déroutant où le voyageur puisse se perdre, s'abandonner, un guide à oublier surtout, au fond de sa poche, à ne jamais ouvrir, pour mieux rêver peut-être un pays basque qui n'en existera que mieux. Un peu comme cette Auvergne fumeuse telle qu'elle n'est pas ressemblante, que Vialatte en son temps avait pondue, et dont le seul et unique but avoué était de perdre davantage encore le touriste égaré en ces terres hostiles. Roidite 15. Plongeons goujatement dans les délices de la récupération littéraire à l’aide d’une grille de lecture ethnique (modèle non-fourni)Par Roidite![]() Ils soutiennent PBIDerniers ajouts
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Ou pour le dire mieux : tentative de récupération littéraire à caractère ethnique. On a vu dans Niebla, traduit à la va-vite Brouillard, un roman pirandellien. Augusto, le héros, se sent de plus en plus inexistant, de plus en plus fictif ; il se rend alors à Salamanque chez l’auteur, chez vous, don Miguel qui à dire vrai, l’attendiez de pied ferme. Soit. Je vois surtout dans les dialogues facétieux qui font la truculence de l’œuvre, un avant-goût de Ionesco. Passons.
C’est à cet être informe, Augusto, que je veux m’intéresser. A mon sens, ce personnage qui se sent de moins en moins exister au fur et à mesure que l’œuvre avance, – et toute œuvre n’est-elle pas une peau de chagrin qui se réalisant, court à sa perte ?-, ce personnage donc, cet agonisant, est un laminak qui ne dit pas son nom. Un de ces êtres flous que la nuit basque enfante, un de ces torves rejetons que l’auteur, sitôt né, rêve de voir mourir dans l’œuf. Un laminak comique certes aux angoisses existentielles souriantes mais un laminak – perdu dans la noble Espagne de 1915. Et qui apprend que non seulement sa vie est un rêve mais que c’est un autre qui le fait. *
C’est qu’elle a une œuvre toute entière derrière elle voire dessous, la vôtre don Miguel, sur laquelle elle s’assoit proprement, dédaigneuse. Autant dire, don Miguel, que la cocotte s’est affranchie de son maître. Et tandis qu’elle caquète, narquoise, vous, don Miguel, vous souriez. *
D’abord socialiste, puis mystique après avoir fricoté avec les anars, la cocotte unamunienne est passée par tous les stades, courageusement. Elle mériterait un musée, oui, le musée de la cocotte.
16. Tirez la langue et dites 36
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