Semaine du 25/01/2010 - Miguel nous tuera tousLe pays basque en 21 cocottes sauvages
Avertissement : Je place ces expériences improbables sous l'œil bienveillant du plus savant, du plus loufoque des basques, Miguel de Unamuno. Que le sentiment tragique de la vie qui habite profondément les cocottes en papier, inonde ces fragiles feuillets. Puisse la science, à défaut de Dieu, reconnaître à travers ces caquètements insanes, les pondeuses des glousses, les cocottes fécondes des vieilles poules. La réalité dite tangible ou ce qu'on nomme tel, ne sera pas ici un critère retenu, étant par nature trop instable. En cocotologie, elle est la première écartée. Traitée comme quantité négligeable, la voici ramenée à son véritable niveau. Et nous, avec. Rien n'existe, fors la cocotte.Quant au pays basque dont il est fait état ici, il n’existe pas davantage ; c’est un territoire de rêve, purement fantasmatique sur lequel je place au gré de mes amours ces cocottes menues. Et hop! deux demi-cocottes pour la côte de canard du Bar du marché à Bayonne, et quarante-quatre pour la vallée du Baztan, et une poignée de cocottes-nymphettes jetées nonchalamment de la passerelle d'Olzarte. Enfin un ouvrage déroutant où le voyageur puisse se perdre, s'abandonner, un guide à oublier surtout, au fond de sa poche, à ne jamais ouvrir, pour mieux rêver peut-être un pays basque qui n'en existera que mieux. Un peu comme cette Auvergne fumeuse telle qu'elle n'est pas ressemblante, que Vialatte en son temps avait pondue, et dont le seul et unique but avoué était de perdre davantage encore le touriste égaré en ces terres hostiles. Roidite 20. Pour travailler au corps une côte de canardPar Roidite Je dois avouer, cher Miguel, ressentir une légère inquiétude à évoquer la question du sexe des cocottes, ces anges de papier ; je crains que les turcs n'en profitent pour envahir Urepel. Ceci dit, vous avez admirablement synthétisé la question et je ne sais ce qui me retient -l'ignoble copyright sans doute- de copier tel quel les quatre figures majeures de la science cocotologique : figure 1, la cocotte neutre, fig. 2, la cocotte hermaphrodite, fig. 3, le femelle, fig. 4, le mâle.
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Il va sans dire que la cocotte femelle est née de la côte de la cocotte mâle et je ne sais pourquoi étrangement, la cocotte mâle apparaît chez vous, en dernier. Au début était le neutre, semblez-vous dire. Voilà qui n'est guère scientifique, don Miguel. Vous voulez dire que les ténèbres et la lumière ne faisaient qu'un ? La question est de savoir qui, de ces deux entités-là, fut tirée de la côte de l'autre. Et toi, côte de canard du bar du marché, qui as-tu enfanté, je te le demande ? Qui as-tu engrossé en douce ? Parle, vile ou je ne réponds plus de moi. Ah ah je m'en vais te cuisiner proprement.
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Le 28 février 1927, en pleine nuit, vous abordez, seul à bord de la barque Xuri sur l'île sombre, où Concepcion, votre Concha, votre amour, la mère de vos neuf enfants, vous remet le colis salvateur : il contient une valisette de pâtés et dix paires de chaussettes flambant neuves, en fil d'Ecosse. D'émotion, vous vous oubliez et tombez en larmes, à genoux. Vingt chaussettes au total, noires, marrons, violettes même (cette Concepción est vraiment d'une folle fantaisie) tricotées amoureusement de ses mains sur les hauteurs d'Elantxobe, face à la mer, devant le soleil couchant.
La semaine prochaine dans PBI, ultime et dernier épisode de cet haletant feuilleton :
21. Cartographions un fantasme
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