Semaine du 07/12/2009 - Miguel nous tuera tousLe pays basque en 21 cocottes sauvages
Avertissement : Je place ces expériences improbables sous l'œil bienveillant du plus savant, du plus loufoque des basques, Miguel de Unamuno. Que le sentiment tragique de la vie qui habite profondément les cocottes en papier, inonde ces fragiles feuillets. Puisse la science, à défaut de Dieu, reconnaître à travers ces caquètements insanes, les pondeuses des glousses, les cocottes fécondes des vieilles poules. La réalité dite tangible ou ce qu'on nomme tel, ne sera pas ici un critère retenu, étant par nature trop instable. En cocotologie, elle est la première écartée. Traitée comme quantité négligeable, la voici ramenée à son véritable niveau. Et nous, avec. Rien n'existe, fors la cocotte.Quant au pays basque dont il est fait état ici, il n’existe pas davantage ; c’est un territoire de rêve, purement fantasmatique sur lequel je place au gré de mes amours ces cocottes menues. Et hop! deux demi-cocottes pour la côte de canard du Bar du marché à Bayonne, et quarante-quatre pour la vallée du Baztan, et une poignée de cocottes-nymphettes jetées nonchalamment de la passerelle d'Olzarte. Enfin un ouvrage déroutant où le voyageur puisse se perdre, s'abandonner, un guide à oublier surtout, au fond de sa poche, à ne jamais ouvrir, pour mieux rêver peut-être un pays basque qui n'en existera que mieux. Un peu comme cette Auvergne fumeuse telle qu'elle n'est pas ressemblante, que Vialatte en son temps avait pondue, et dont le seul et unique but avoué était de perdre davantage encore le touriste égaré en ces terres hostiles. Roidite 13. Pratiquons dignement le raccourci spatio-temporelPar RoiditeContrairement à ce que peuvent croire les utilisateurs de périphériques, le pays basque intérieur n’est pas le contraire du pays basque extérieur mais du pays basque côtier. Enseigner dans ces deux zones distantes à peine de quelques dizaines de kilomètres, c’est faire un prodigieux voyage dans le temps, une de ces expériences sociologiques qui vous forment une jeunesse. C’est en quelque sorte traverser le siècle dernier sur les chapeaux de roues, entre deux questions fatidiques : de « Tu as été sage à l’école, aujourd’hui, mon petit Ximun ? » à « Le professeur a été gentil avec toi, Amaia ? »
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Cette route qui descend de Cambo à Anglet, d’Hasparren à Bayonne, de St Etienne de Baigorry à Biarritz, c’est tout à la fois l’écoute de la parole de l’enfant, sa prise en compte, et sa totale négation - sous couvert d’émancipation souvent, par exemple dans le terrible slogan "L’enfant est un adulte comme les autres". C’est la remise en compte salvatrice d’une autorité vieillotte, c’est aussi sa perte au profit de l’enfant-roi consommateur, de l’enfant livré à lui-même sous prétexte d’indépendance, de l’enfant dictant ses lois, celles-là mêmes que lui a soufflées la téloche qui l’élève. Cette route bucolique, c’est la peur qui change d’âne. On part en compagnie d’élèves presque angoissés par une mauvaise note, on découvre sur la côte des collègues au bord du gouffre.
Certes ce ne sont là que raccourcis, j’entends mais il faut écouter attentivement ces élèves de la côte trois fois plus plaintifs que leurs acolytes de l’intérieur (disons trois fois et demi pour être exact), se plaindre sans cesse du manque de respect qui leur est dû. Etonnant, non ? Ne pas exercer d’autorité aussi, relève du mépris.
Cette route, c’est enfin celle qui mène de l’enseignement par l’exemple, silencieux, taciturne parfois, rustre à l’occasion, terrien, long, patient, collectif, à l’apprentissage par la parole, vif, alerte, séduisant, détachable, découpable selon les pointillés, impatient, capricieux, maniant la zapette et le culte de soi, et renfermant aussi sa dose de violence. Bref, un voyage d’est en ouest, de droite à gauche, qui dépasse largement les cadres de l’école. *
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Parfois, Miguel, je ne vous comprends pas.
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14. Abandonnez votre enfant avec tact et culture
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