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Semaine du 04/01/2010  - Miguel nous tuera tous

Le pays basque en 21 cocottes sauvages

unamuno.books

Avertissement : Je place ces expériences improbables sous l'œil bienveillant du plus savant, du plus loufoque des basques, Miguel de Unamuno. Que le sentiment tragique de la vie qui habite profondément les cocottes en papier,  inonde ces fragiles feuillets. Puisse la science, à défaut de Dieu, reconnaître à travers ces caquètements insanes, les pondeuses des glousses, les cocottes fécondes des vieilles poules. La réalité dite tangible ou ce qu'on nomme tel, ne sera pas ici un critère retenu, étant par nature trop instable. En cocotologie, elle est la première écartée. Traitée comme quantité négligeable, la voici ramenée à son véritable niveau. Et nous, avec. Rien n'existe, fors la cocotte.

Quant au pays basque dont il est fait état ici, il n’existe pas davantage ; c’est un territoire de rêve, purement fantasmatique sur lequel je place au gré de mes amours ces cocottes menues. Et hop! deux demi-cocottes pour la côte de canard du Bar du marché à Bayonne, et quarante-quatre pour la vallée du Baztan, et une poignée de cocottes-nymphettes jetées nonchalamment de la passerelle d'Olzarte. Enfin un ouvrage déroutant où le voyageur puisse se perdre, s'abandonner, un guide à oublier surtout, au fond de sa poche, à ne jamais ouvrir, pour mieux rêver peut-être un pays basque qui n'en existera que mieux. Un peu comme cette Auvergne fumeuse telle qu'elle n'est pas ressemblante, que Vialatte en son temps avait pondue, et dont le seul et unique but avoué était de perdre davantage encore le touriste égaré en ces terres hostiles.

Roidite

17. Quelques raisons de brûler son guide du Pays Basque

Par Roidite

Roidite -k idatzia

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Tout d’abord, parce qu’il faut se méfier des guides. Des führers, des conducatores, des caudillos, des négus. Deuxio, il n’y a pas de guide intelligent. Pas plus qu’il n’y a de tourisme éthique, raisonné, social, décroissant, vert, orange, caca d’oie. Et ce n’est pas le fait que ce soit l’indigène qui vous décrive son pays qui arrangera l’affaire, comme certains le croient. Troisio, une cocotte en papier ne se visite pas.

Ils soutiennent PBI

Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.

 

Quater, et ce n’est sûrement pas cet idiot de guide qui vous vendra l’affaire, le consulter tout en arpentant les rues bayonnaises, c’est s’exposer à quelque souvenir malodorant, souvenir très attachant, surtout sous la godasse. Et tout ceci pour se perdre dans des conseils douteux, des mises en garde proprement paranoïaques quand il serait si simple de se fondre dans le paysage, d’être traversé par l’atmosphère de la cité, en un mot de s’abandonner !

 

Ah le fameux lâcher-prise ! prôné par les voleurs, haï des alpinistes. Quoi qu’il en soit, la ville a beau afficher en permanence la qualité de l’air, elle tarde à placer un capteur sous chaque trottoir –ou pire sur chaque trou de balle des canidés de la ville- pour signaler en temps réel les slaloms à pratiquer (Alerte-trottoir, nous vous déconseillons la sortie –pipi de Titus) Alors qu’elle n’hésite pas à fouiller les poubelles de ses administrés pour les verbaliser proprement quand ils n’ont pas mis leurs ordures au bon endroit. On sanctionne l’ordure humaine et on laisse courir la déjection canine ; que font nos amis antispécistes contre cette injustice ?


Reste la solution du couloir à touriste – à l’image du couloir cycliste : cela fonctionne parfaitement, on n’a jamais vu un cycliste s’oublier. Mais je confonds je crois, la crotte autochtone et l’étron en villégiature, ce qui constitue une cruelle faute de goût. Brisons là de conserve le propos et le guide.

*


Je garde de vendanges sur les hauteurs de Guiche un souvenir de pur bonheur dans le septembre mordoré de ces bords de l’Adour. Pays de barthes (sur les pas de Roland ?), pays de brumes dentelées qui flottent sur l’onde du matin, pays de petits ponts bucoliques découvrant autant de villages prêts à embarquer, ports de verdure qui ont pour nom Urt, Urcuit, Guiche. C’est un pays de fin d’été entre les Landes sur l’autre rive et cette bande de collines qui hésite à rejoindre le troupeau des Pyrénées.
On croise quelques chats alanguis, à point, qui miaulent un patois raminagrobien, mesclon savoureux de gascon, de basque, de vieux françois, avec quelques pointes d’accents castillans, por favor.
Quelques petites voisines viennent aux nouvelles voir si par hasard on aurait besoin de leurs pieds pour fouler les grains de la récolte, histoire de se chatouiller les arpions comme l’année d’avant. Leur offre finalement déclinée, elles repartent rieuses, un petit biscuit à grignoter entre les mains.

*


La question de savoir si la cocotte dit je ou nous, n’est toujours pas tranchée. A la fin de ses jours, un poète basque disait que s’il se sentait seul, c’est qu’il n’avait plus la force de dire nous. La cocotte, elle, n’a plus l’outrecuidance de se sentir seule. Qui ne se sent pas seul de nos jours ? Elle n’en a plus la force. Dans une époque moderne comme la nôtre, se sentir seul, c’est faire sous soi. Dire nous par contre, quelle singularité ! Privilège des rois et des communautés.

*


Ah don Miguel, si tous les êtres pouvaient atteindre la quintessence de ce tripode parfait, de ce parangon de papier, ils ne changeraient pas si souvent d’erreurs comme vous le fîtes. Ils prendraient exemple sur dame cocotte, inflexible dans la tempête, et enverraient aux quatre vents les penseurs-girouettes prétendument insaisissables. Il n’a pas été sérieux, le roman de ma vie1. Je sais, cher Miguel, je sais, je l’inscrirai en lettres d’or sur ma cocotte mirifique.

 

Mais comme l’homme au cœur dur demande sa propre condamnation2, je serai d’une rare indulgence avec vous. C’est que je ne tiens pas, moi, à être réincarné en cochon dinde dans ma prochaine vie. Parfaitement, don Miguel, je compte bien toucher à moindre coût (j’attendrai les soldes) peaux de fesses humaines. Si je me suis trompé moins que vous, don Miguel ? Certes pas. Mais je me suis tenu à une erreur et je ne l’ai plus lâchée, je suis de ceux qui appellent constance ce qui est pétrification3. Il vaut mieux se tromper une fois pendant vingt ans que vingt fois pendant un an, c’est plus reposant.

 

1-Paul Contri, Les femmes légères ne se vendent pas au poids, Corps & Biens, Toulouse, 1994.
2-Miguel de Unamuno, Comment on fait un roman, Les Fondeurs de Briques, Arles, 2008.
3-Miguel de Unamuno, Journal intime (8), Cerf, 1989.

 

La semaine prochaine dans PBI :

18. Dr Freud contre Mauleon

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