Semaine du 28/12/2009 - Miguel nous tuera tousLe pays basque en 21 cocottes sauvages
Avertissement : Je place ces expériences improbables sous l'œil bienveillant du plus savant, du plus loufoque des basques, Miguel de Unamuno. Que le sentiment tragique de la vie qui habite profondément les cocottes en papier, inonde ces fragiles feuillets. Puisse la science, à défaut de Dieu, reconnaître à travers ces caquètements insanes, les pondeuses des glousses, les cocottes fécondes des vieilles poules. La réalité dite tangible ou ce qu'on nomme tel, ne sera pas ici un critère retenu, étant par nature trop instable. En cocotologie, elle est la première écartée. Traitée comme quantité négligeable, la voici ramenée à son véritable niveau. Et nous, avec. Rien n'existe, fors la cocotte.Quant au pays basque dont il est fait état ici, il n’existe pas davantage ; c’est un territoire de rêve, purement fantasmatique sur lequel je place au gré de mes amours ces cocottes menues. Et hop! deux demi-cocottes pour la côte de canard du Bar du marché à Bayonne, et quarante-quatre pour la vallée du Baztan, et une poignée de cocottes-nymphettes jetées nonchalamment de la passerelle d'Olzarte. Enfin un ouvrage déroutant où le voyageur puisse se perdre, s'abandonner, un guide à oublier surtout, au fond de sa poche, à ne jamais ouvrir, pour mieux rêver peut-être un pays basque qui n'en existera que mieux. Un peu comme cette Auvergne fumeuse telle qu'elle n'est pas ressemblante, que Vialatte en son temps avait pondue, et dont le seul et unique but avoué était de perdre davantage encore le touriste égaré en ces terres hostiles. Roidite 16. Tirez la langue et dites 36Par Roidite
Dans son Manifeste d’une minute –certains y trouvent des longueurs-, Atxaga décline en 36 langues les noms qui désignent l’euskara ; Lire aussiIls soutiennent PBIDerniers ajouts
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j’y goûte fort Uzuelulu Vasco qui fleure sa vanille et ses yukulele, Baskeren Lezou a un parfum de basoche et de pampres, un côté fruits mûrs, Ibaskiki Glosa est plus sérieux, il sent son exégète fou, sa cravate scandinave. Pachike Yü, plus brutal, pose tout de suite une assise, c’est la grande Pacha Mama, c’est l’Ama Lur, la terre mère qui s’invite, immense et lourde, dans laquelle le basque avalera son béret s’il n’est pas sage. Bask Sprok nous tire vers le septentrion, vers ces brumes accrochées aux oreilles de Spok (qui aurait fait un superbe troisième ligne s’il n’avait pas vu la série dans laquelle, heureux hasard, il jouait) tandis que Bask Ki Ke nous renvoie imperceptiblement à la langue à clic (mais pas le clic inepte de la souris internautique) des Buchmen. *
Ah don Miguel, si tous les chrétiens connaissaient leurs théories sociales comme vous – certes le postulat inverse est également vrai. Comme chez Erri De Luca de nos jours qui a commencé par les brigades rouges pour se plonger dans la bible et le talmud, la religion chez vous est secondaire ; elle ne vint en effet qu’après le dogme marxiste-léniniste, que vous relûtes du coup d’un œil mystique. Pour vous, le crime originel, le crime sur lequel repose tout l’édifice du capital et qu’il ne cesse d’enterrer au fond du jardin, c’est l’appropriation de la terre. C’est un crime qui ne se dément pas. Les armes ont à peine changé, mon cher Miguel : on pollue volontairement les sources, on expérimente en plein champ, on déforeste, on finance la saccage, on encourage vivement une politique de terre brûlée qui cache à peine son nom. La cocotte voudrait bien cultiver son jardin mais il est infesté. *
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17. Quelques raisons de brûler son guide du Pays Basque |
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