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Après le lait de vache, le lait de brebis remue la campagne basque PDF fitxategia Inprimatu E-posta

Comme chaque fin d'automne, les négociations sur le prix du lait de brebis marque le début de la saison laitière. A quelques jours du début de la traite, chaque entreprise de collecte* se réunit avec une délégation de ses producteurs pour établir un prix pour la campagne qui s'ouvre. Profitant d'un contexte général de crise, certaines veulent en profiter pour tenter d'imposer une baisse. Complètement injustifiée de l'avis des producteurs.

Contrairement au lait de vache, secteur en crise depuis des années et dont les producteurs ont récemment manifesté leur désarroi extrême par la grève du lait, la production de lait de brebis, et surtout la vente de fromage, se porte bien en Pays Basque nord. C'est l'un des rares secteurs où le débouché est encore assuré.

Toutefois, les charges qui pèsent sur les élevages ont fortement augmenté (prix des fourrages et de l'énergie), plus vite que le prix de leurs produits. C'est en résumé ce qu'ont voulu souligner les 200 producteurs qui se sont réunis devant l'usine Chaumes de Mauléon la semaine dernière.

Cette forte mobilisation faisait suite aux menaces avancées par la direction de la fromagerie, lors de la première réunion de négociation du prix, de baisser de 20€/1000 litres le prix du lait pour 2009-2010. Les producteurs, eux, réclamant une hausse de 33€ pour un prix attendu de 1077€/1000l.

« Chaumes ne connaît pas de difficulté actuellement mais la direction a expliqué qu'elle s'attend à une année difficile du fait de la crise donc qu'elle veut se prévenir au cas où », a rapporté un producteur de la laiterie souletine suite à l'entrevue de la semaine dernière.

Des raisons d'augmenter, pas de baisser

Un raisonnement qui irrite le syndicat ELB. « Les laiteries n'ont aucune raison de baisser le prix du lait. De leur propre aveu, elles n'ont pas de stock. De plus, le prix du fromage de brebis augmente de façon continue depuis plusieurs années, plus que le prix du lait », explique Antton Etcheber, éleveur à Pagolle et responsable de la commission ovine du syndicat paysan.

En revanche, les raisons de revaloriser ce prix sont réelles selon ELB. « La situation économique des exploitations est grave. Le résultat courant des éleveurs a baissé de 35% entre 2006 et 2007, de 44% entre 2007 et 2008 et les estimations se situent à -38% pour 2008-2009 », affirme le syndicat en se basant sur des données de l'Observatoire économique de la filière ovine basque. Ainsi, en 2008, le résultat courant annuel d'un éleveur s'est élevé à 4000€ selon l'Interprofession ovine.

« Cette année, les producteurs attendent une hausse du prix. Nous n'accepterons pas en lait de brebis ce qui s'est passé en lait de vache », a déclaré ELB en appelant à suivre l'exemple aveyronnais.

Il y a quelques jours, la forte mobilisation unitaire des syndicats de producteurs de lait de brebis d'Aveyron a conduit l'industrie laitière à concéder un prix bien supérieur à ce qu'elle avait programmé.

ELB a appelé les producteurs basques « à se tenir prêts à se mobiliser ». Contrairement à l'exemple aveyronnais, une intersyndicale basque semble toutefois assez peu probable. Les représentants des producteurs à Chaumes et Pyrénéfrom, les laiteries collectant les volumes les plus importants en Pays Basque nord, sont majoritairement ou exclusivement issus de la FDSEA et ils n'entendent pas que d'autres se mêlent des négociations de prix. Quitte sans doute à assumer en cas de mauvais accord

Les négociations se poursuivent cette semaine dans la plupart des laiteries.

*Il y a neuf laiteries ou fromageries, industrielles ou artisanales, qui collectent et/ou transforment du lait de brebis en Pays Basque nord : Pyrénéfrom, Chaumes, 3A, Berria, Scop Agian, CLPB, Azkorria, Sarl Garazi et Fromagerie d'Urepel.

 

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