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Euliaren Palazioa, the Mecque of the fly, le royaume de la mouche : ce musée méconnu a vu le jour près de Gazteiz en septembre dernier. Mais peut-on vraiment qualifier de musée, une bâtisse aussi vivante ? Tour à tout centre de rééducation, annexe de la police scientifique, laboratoire expérimental, c’est un formidable outil au service de la gent muscidé. Suivez-nous dans ce dédale grouillant de matière grise. Ici, dans l’aile ouest, ce laborantin en première année de criminologie, Xabi, va placer dans la zone de prédation d’une plante carnivore, trois mouches inconnues arrivées avec nous le matin même, un examen d’entrée en somme qui lui permettra de connaître le numéro du vol, la compagnie, et le menu choisi par icelles – sans compter l’heure du crash. Entrant dans l’aire de la dionée, la première mouche est happée proprement. Au bout de dix secondes, notre plante carnivore entame un flamenco du diable, pas de doute, la mouche était andalouse. Gobant tour à tour les deux derniers insectes, notre plante émet une sorte de rot qui défrise l’oscilloscope : le professeur Alruna est formel, ce sont des mouches crypo-kantiennes qui ont lu Heidegger cachées dans les toilettes. Il préconise le lavement.
Dans l’aile sud, nous découvrons l’atelier Unamuno et le professeur Laxalde qui ne cesse de perfectionner la motorisation des cocottes à l’aide de mouches triées sur le volet, fidèle en cela aux Recuerdos de ninez y de mocedad du maître : Le jeu le plus surprenant auquel se prête la mouche est celui qui la fait servir de moteur secret à une cocotte en papier. Avec une feuille de papier à cigarettes, on réalise une cocotte d’un seul pli ; entre ses pattes on place une mouche dont les ailes seront collées au papier par deux points de cire. La mouche va emporter le petit oiseau. (…) Avec ce jeu, il est aisé d’intriguer, y compris les grandes personnes. (…) En revanche, on n’a jamais vu aucun enfant être trompé par ce jeu.
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Pour ceux qui ont le cœur bien accroché, je conseille vivement sur Kanaldude, ces images difficilement supportables qui nous montrent en direct l’accouchement d’un tracteur. Un tracteur basque sans nul doute, me direz-vous. Pas même.
A quoi reconnaît-on le tracteur basque d’un Fiat ou d’un John Deer ou d’un bon vieux Zetor ? Il est né coiffé tout simplement, d’un béret, il va de soi. Mais pour ma part, je me méfie des superstitions. Pour le cas qui nous intéresse, nul couvre-chef de cet acabit. Ce que ne dit pas le film qui rend cependant parfaitement compte des efforts du parturient, c’est la procédure à suivre quand le tractorounet se présente par le siège.
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Cher Miguel, de tous ces noms donnés à ces armées de cocottes, englouties avec pertes et fracas dans les tourbillons de l’enfance, le plus sublime restera celui-ci ; et voici donc, devant vous, mesdames et messieurs, la diva des cocottes, la reine de nos nuits, la bellissima Lunkekwig.
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C’est un mystère dans ta vie, don Miguel, que je tarde à éclaircir ; alors que tu as pratiqué tous les genres, le roman, l’essai, la poésie, le journal intime, tu n’as jamais donné dans la saillie, dans l’épigramme, dans la pointe assassine, en un mot dans l’esprit – ce sire concis. Il existe pourtant de Martial à Ramón Gómez de la Serna, une tradition hispanique d’aphoristes rêveurs et cinglants où tu aurais eu parfaitement ta place. Quand Ramón, ton ami de toujours, quitta l’Espagne en 1936, c’est un peu de ton esprit qui s’envola avec lui, par-delà l’Atlantique. De gros nuages noirs s’amoncelaient sur ta cervelle, que tu fis mine de ne pas voir. Seul Ramón, du fond de sa pampa, remarqua que ces nuages-là étaient à l’envers. Il faut bien que quelqu’un veille.
La semaine prochaine dans PBI :
10. La culture, c’est ce qui reste quand on a tout vendu

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