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7. Comment bouter le torero hors de l’arène PDF fitxategia Inprimatu E-posta
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La première chose à faire quand on veut chasser le matador de l’arène, c’est d’abattre Ernest Hemingway. Qui sirote, là, au soleil, son verre de rouge à la main, le chapeau sur l’œil, au bord de l’arène bayonnaise – comme le dit la légende. Donc : crever la légende en premier. Hemingway n’a jamais bu un verre ici, claironne une affichette dans un troquet de la ville. Grand bien lui en fasse, qu’il continue.

Figurez-vous que c’est dans l’établissement voisin que le grand Miguel avait ses habitudes. Pour éradiquer le torero du paysage, il préconisait d’assouvir ce besoin de sang –les corridas ont remplacé le doux spectacle des tortures de l’Inquisition dans le cœur ivre de la blanche Castille- sans passer par le taureau ; les matadors se seraient battus à mort à la façon des gladiateurs. Désolé Miguel mais cela sent son déjà vu. Certes, cela vaut mieux en terme d’intensité et d’audience que notre pauvre télé-réalité où l’on est contraint d’abattre le maillon faible (ou fort) symboliquement. Que d’affadissements en un siècle.

Non, pour mater le matador, cette cocotte de papier qui ne dit pas son nom, cet homo niais à qui l’on voue un culte sans burnes, moulées qu’elles sont dans son habit de feu, je propose une méthode simple quoique efficace : attirer le torero dans une souricière, une maxi-tapette, un guet-apens (un gay tapant ?) et lui faire avaler sa trompette selon la méthode qui inspira à Dalí ce tableau sublime sobrement intitulée Vierge auto-sodomisée par sa propre chasteté. Car on ne peut pas toujours compter sur ce brave taureau, comme celui de Tudela dernièrement, pour lui dézinguer un rouston ou lui servir un Banana Split.

Pour le titre, je pense à quelque chose de plus baroque : Torero empalé en plein vol par un taureau couillu. Voire lacanien : Transfert phallique brutalement interrompu. A moins que Celui qui m’enculera n’est pas encorné fasse aussi bien l’affaire. Pour ma part, j’ai un petit faible pour Pas ce soir Jean-Fulgence, j’ai mes petits ennuis.



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Mon pauvre Miguel, toi qui te plaignais que l’Espagne toute entière passe son temps à ces niaiseries de corridas, que dirais-tu de nos jours, avec le football ? Le pays bruisse du transfert tout frais de Ronaldo au Real Madrid : la nouvelle recrue touchera 1000 euros par heure. Comment dis-tu ? Que tu dépêches immédiatement une cocotte du fond de ton éternité pour lui fienter dans l’œil gauche ? Ce n’est guère fair-play, Miguel. Et s’il signait à Osasuna ? Dans l’œil droit en lui criant : santé!



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Si tu étais un animal Miguel, tu ne serais guère cocotte ni taureau. Tu tiendrais du vieux renard de Biscaye nous la jouant colombe, un faux-côté oie blanche qui n’oublie pas de mordre, un serpent ramassé dans son œil de velours. Tu pensais toujours prendre des risque mesurés, tu croyais furieusement en ta bonne étoile. Mais il y en avait d’autres, ce jour-là, à la tribune, étoiles militaires toujours au garde-à-vous. Féru d’échecs, tu t’avanças cependant trop loin, à découvert, dans ce fameux discours de Salamanque. « Vous vaincrez mais ne convaincrez pas » dis-tu aux fascistes avant que l’appareil franquiste ne se referme et te réduise au silence. Au final, le franquisme n’a ni vaincu ni convaincu, il reste cependant à déboulonner ses ultimes idoles, à renverser ses statues pour y placer de douces et tendres cocottes. C’est ainsi, la tendresse n’épargnera personne. Et le bonheur, n’en parlons pas.

La résignation au bonheur est peut-être la plus difficile des sciences (Miguel de Unamuno, Brouillard, Séguier, 1990).



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La semaine prochaine dans PBI

8. Purifions nos âmes à coup de pesticide (le complexe de l’araignée)


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