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Loin des sujets polémiques, du vacarme des foules, de l'impermanence héraclitéenne, le mus vient à nous, aussi palpable, aussi ferme, aussi intangible qu'une cocotte en papier. Il est bon de rappeler ces assises, ces règles immuables, en un mot cette discipline sans laquelle la cocotologie serait réduite à rien. Rappelons donc, les seuls signes qui, à ce jour, sont considérées comme légaux : le fait de remuer la lèvre inférieure indiquera deux rois, classique. Deux as seront marqués par la pointe de la langue tirée. Fort bien. Remuer comme ceci la commissure des lèvres latéralement pour les demis, fera de vous un gentleman. Arquer les sourcils -même épilés- signalera deux paires, de ce que vous voulez. Pour 30 ou 31, un clignement de l'œil sera fouchtre suffisant. Enfin, on fermera les yeux pour indiquer que l'on n'a rien, deus, res, nada, queutchi, clopinetas.
La légende dit que le logiciel Mus System était fin prêt avec son fameux système de reconnaissance faciale, quand son créateur, Ange Etcheverria fut pris d'une affreuse crise d'épilepsie face à l'écran. Tous les capteurs, aux abois, filmèrent la scène, tentant de répondre en direct aux milliers de stimuli que ce visage pourtant si familier leur envoyait soudain. Ils crurent un temps, du fond de leur intelligence artificielle, à une sorte de défi souriant. Après vingt minutes, l'ordinateur afficha des signes de surtension et s'éteint à jamais, emportant dans le noir de sa carte mémoire les secrets du logiciel maudit.
Autre rumeur persistante : c'est à la suite d'une partie de mus que Louis de Funès se serait lancé dans la carrière de grimacier qu'on lui connut. Quant à Nicolas Sarkozy, son fervent disciple, il tente en vain depuis quelques années, de faire entrer à l'académie, le lever d'épaule subreptice qui constitue sa signature. L'académie résiste mais pour combien de temps ? A Donosti, j'ai vu un soir un chimpanzé à qui l'on apprenait en douce, dans l'arrière-salle d'un café de la vieille ville, les règles sommaires de notre beau jeu. A la fin de l'exposé, il se mit à rire. Il refit en un tour de face, tous les signes qu'on lui avait enseignés. En langage simiesque, résuma-t-il, cette suite de mimiques signifie : Fais-moi du couscous, chéri.
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Plus personne de nos jours n'ose contester les faits : les orphelins deviennent philosophes plus que de raison. Miguel qui a perdu son père à six ans, est frappé le lendemain, sur la tombe de son géniteur, par la révélation : il sera Socrate ou rien. Tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin, hein. Comment le devient-on ? Il faut compter sur la fortune, la pousser un peu parfois, dans les escaliers. Tuer le père, tout est là. Ou la fille. Voyez ce goujat de Freud. Ne jamais psychanalyser ses proches, prévient-il d'emblée. Et il massacre sa propre enfant. Freud n'est pas fair-play. Alors quand Unamuno s'avance vers lui, lors de cette unique entrevue, le 2 octobre 1924, à Tolède, la tension est à son comble. D'un côté, le chrétien basque, intrinsèquement jésuite (et j'aimerais si vous me le permettez écrire intrinsec) de l'autre le fondateur de cette religion nouvelle, qui croit à l'aune de ses ambitions, chasser l'autre, la dominante. - Tache donc de psychanlyser celle-ci plutôt, assène le grand Miguel au petit Sigmund dont la barbe ne lui arrive pas à la cheville. Et de lui tendre, ce disant, une sublime, une touchante, une munificente cocotte en papier.
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St Ignace de Loyola habitait Loyola un studio avec kitchenette, St François créchait à Assises - à Assises ou en assises ? j'ai un doute. Quant à Miguel, il n'a jamais mis les pieds à Unamuno dont l'étymologie reste controversée. Una, ona : bon, en euskara. Muno, mono : la poupée, le singe, le truc en castillan. Le bon singe, le bon cheval. Celui qui ne vous fourrera pas un coup de groin dans les naseaux au premier coup tordu. Au second, peut-être.
La semaine prochaine dans PBI :
3. Dribble musical dans la surface de réparation

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