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Semaine du 14/06/2010  - Culture
sagarren-denbora

De la saveur des pommes

Sagarren Denbora de Josu Martinez et Txaber Larreategi

Avec « Sagarren Denbora » (‘Le temps des pommes’), le jeune réalisateur basque Josu Martinez présente un nouveau documentaire sur le thème méconnu des expulsés de l’ETA, en suivant quelques mois un couple singulier, Alfonso Etxegarai et Kristiane Etxalus, de Domezain à São Tomé en passant par Bayonne, Hendaye ou l’étrange vestige de la centrale nucléaire de Lemoniz en Biscaye. Un documentaire sensible sur le rapport à la terre, au Pays Basque, et sur l’absence, comme dans Itsasoaren Alaba, son précédent film, déjà consacré à l’histoire d’un membre de l’ETA, Txapela, tué par le GAL. Cette fois, aidé par Txaber Larreategi, Josu Martinez s’attache à raconter, par la corde sensible, l’étonnant vide juridique qui entoure ces « déportés » et les isole aussi sûrement qu’un océan. 

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Actualités du Pays Basque

  1. Stand-by

Chroniques

  1. Du déni de justice

    Pas vu, pas pris

    Michèle Alliot-Marie file du mauvais coton.

  2. Ice Asch

    J'me comprends

    "L'expérience d'Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d'un individu au sein d'un groupe. [...]". Lire la suite sur wikipédia. Exemple ici (Caméra cachée. Principe : tous les participants sont complices sauf un qui a le choix (naturellement) de se conformer ou non à ce que fait/dit la majorité).

  3. Pink Gégène

    J'me comprends

    "[...] À la question : « comment pourrions-nous concevoir un système de production qui optimise la haute qualité des produits, qui réduit les déchets, qui prend en compte l’équilibre dynamique de la biosphère et qui réduit le travail humain répétitif et machinal ? », une telle économie s'organiserait comme suit : 1) Répertorier les ressources planétaires. 2) Décider ce qu'il est nécessaire de produire, en se fondant sur le strict minimum (comme la nourriture, l’eau, le logement, etc.) en passant par des produits utilitaires (matériaux bruts, machines automatisées, développement technologique, etc.) jusqu'aux produits utilisés à des fins non-utilitaires (divertissements, radios, instruments de musique, etc.). 3) Optimiser les méthodes de production | maximisation de la durée de vie des produits. 4) Mettre en place des méthodes adaptées de distribution pour accéder aux produits. 5) Optimiser le recyclage de ces produits qui peuvent devenir obsolètes ou inopérants.[...]" [source : wikipedia]. On le droit de rêver, c'est ce qu'a fait Jacque Fresco avec son projet Venus.

  4. Yourte, tipi, caravane, lacrymo : chassez l'intrus

    Chronique

    Le procès de Léa et Tom qui avaient fait appel pour surseoir à la destruction de leur yourte, a eu lieu ce jeudi 17 février à Toulouse sur fond de violence policière. Compte-rendu d'une audience ubuesque parfois, politique sûrement, qui a le mérite de remettre sous les feux de la rampe, deux mois après son adoption, quelques uns des ingrédients frelatés de la loi Loppsi 2 : dénonciation et traque aux pauvres.

  5. Démission ou révocation, monsieur le député ?

    Fenêtre sur Cour

    Ces derniers jours, Arnaud Montebourg a demandé la démission de Mme Alliot-Marie comme il avait demandé celle de Bernard Kouchner, lui-même ministre des affaires étrangères, le 2 janvier 2008.


De tous les militants basques ainsi expulsés au début des 80, avant que le gouvernement français ne décide d’officialiser les remises à l’Espagne, l’histoire d’Alfonso Etxegarai est sans doute celle qui a le plus de force romanesque. Il ne manque rien, ni l’histoire d’amour qui s’accroche au-delà d’une distance de 7000 kilomètres, ni la manière de la vivre, militante, intellectuelle, avec un pied au Pays Basque, malgré la difficulté. Ni même la trame d’un destin, qui débute dans l’Espagne franquiste, nourri un engagement dans l’ETA, fait revivre le petit Bayonne des années 80, peuplé de réfugiés et des dangers du Gal, et retrace quelques épisodes d’un commando très actif, depuis les attaques contre le projet emblématique de construction de la centrale nucléaire de Biscaye, la séquestration d’un industriel, jusqu’à la torture, l’aveu, la trahison indélébile.

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Kristiane et Alfonso

Alfonso Etxegarai vit dans cette minuscule île de Sao Tomé sans perspective d’évasion. Il n’a pas de papier, a été déposé là comme les marins mutins d’un autre temps, avec pour seul esquif, sa nostalgie. Il y travaille, et y rêve d’un bout de terre basque, toujours en transit, dans l’attente d’un navire au loin. Kristiane Etxalus n’a renoncé à rien, ni à sa vie au Pays Basque, ni à son couple. Avec, explique t-elle, ses angoisses, déjà, d’un dernier regard en arrière et d’une mort au loin. Leur rêve était pourtant à portée de main. Vivre en basque, à Domezain, au rythme de la saison des pommes. Ne pas rater l’hiver, ni le printemps florissant, ni la cueillette, faire du cidre et des jus naturels. Mais les saisons pour ce couple ont pris le rythme des avions. Trois mois là bas, deux mois ici. Deux mois là bas, trois mois ici.

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Une épreuve que Christiane Etxaluz, surnomée « Alcaline » par Txaber Larreategi et Josu Martinez, surmonte avec enthousiasme et allant. Elle est le Pays Basque qui débarque à Sao Tomé, le trait d’union du mutin exilé. Elle s’est aussi battue pour le faire revenir, sans succès. Arrêté par la police, d’abord expédié en Equateur, Alfonso Etxegarai vit dans une zone franche, un non-lieu juridique, depuis 25 ans. Ces déportations étaient la caution de bonne foi d’un gouvernement français qui négociait les extraditions avec l’Espagne. La clause secrète. Le détail des négociations. Pour autant, Alfonso Etxegarai n’a pas encore purgé sa peine. Il n’est pas prisonnier, il n’est pas en cavale. Juste menacé d’oubli, comme ces bagnards qui faisaient souche à Cayenne, comme happés par les marécages de Guyane.

aireportuan

Mais il y a l’amour. Qui n’est pas une solution. Presque un problème. Mais qui donne une perspective poignante à cette histoire, comme une longue amarre au-delà des mers pour ne pas oublier l’histoire, la terre basque, et garder un lien avec le passé. Bien-sûr, le Petit Bayonne n’est plus celui rêvé. On a les rêves qu’on peut. Celui d’Alfonso Etxegarai, idéaliste au regard lointain, est dans une vieille maison basque, autour d’un foyer, au bout d’un chemin ancestral où les pas impriment la terre, avec des pommiers qui vivent pleinement chaque saison. Présenté à guichet fermé à au cinéma l’Atalante de Bayonne, Sagarren Denbora sera à nouveau diffusé ce jeudi à Ainhice Mongelos.


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